Objectif Montagne

Initiation à l'alpinisme et conseils pour pratiquer la montagne en toute sécurité

Allez on grimpe !…

Posté par on Avr 3, 2013

…ou une longueur dans la vie d’un montagnard.

Le décor:

Deux alpinistes au pied d’une voie. Ils sont équipés. Baudrier, sur lequel pend la quincaillerie; corde, fixée directement au baudrier par un noeud de huit; casque; anneaux passés par dessus le sac; gants de cuir sans doigts.

(Les gants, hormis qu’ils protègent du froid, protègent également les mains de celui qui grimpe lors des coincements et de celui qui assure au cas où il devrait retenir une chute.)

Le second est solidement amarré à deux point fixes inarrachables. Il assure le premier par l’intermédiaire d’un mousqueton à vis placé dans l’un des deux points fixes et d’un demi noeud d’amarre (ou demi-cabestan).

La corde a été démêlée et repose à distance respectueuse des pieds. Les boucles ont été arrangées de telle sorte que les premières à se dérouler se trouvent sur le dessus du lot.

Il a pris soin de passer la corde dans un premier relais intermédiaire car il sait que les chutes qui se produisent entre le relais et le premier assurage intermédiaire sont les plus graves (voir Facteurs de chute).

Action:

Le premier débarrasse les semelles de ses chaussures des résidus de neige ou de gravier, étudie l’enchaînement des premiers mouvements et une fois prêt, démarre.

– J’y vais !

– OK

Le second regarde son compagnon et lui donne suffisamment de « mou » (de corde) pour ne pas le gêner dans sa progression.

A peine franchis les premiers deux ou trois mètres, le grimpeur place son deuxième assurage intermédiaire.

Le second reste très attentif; la pose d’un assurage est toujours chose délicate.

Le premier tire sur la corde pour pouvoir la passer dans le mousqueton de la dégaine qu’il a fixé au coinceur (ou piton) installé juste au-dessus de lui.

– Du mou !

Le second dévide rapidement un peu de corde tout en se réprimandant de ne pas avoir anticipé la demande.

Maintenant que ces relais intermédiaires sont en place il sait qu’en cas de chute du premier il sera tiré vers le haut, et il se demande avec anxiété si son auto-assurage a été bien pensé et correctement réalisé.

Pendant ce temps, le premier a encore progressé et il se trouve maintenant sur de bonnes prises. Il profite de cette position confortable pour relaxer ses bras et ses jambes et pour étudier les enchaînements suivants.

– Je continue !

– OK !

Après quelques pas et le passage d’une écaille, tout à coup il disparaît aux yeux de son compagnon derrière l’arête.

Le second ne le voit plus. Il regarde maintenant le bout de corde qui s’élève devant lui et s’assure qu’il y a toujours suffisamment de mou.

Cela fait un moment que la corde ne bouge plus.

– Ca va ?

Pas de réponse. une poignée de secondes plus tard:

– CA VAAA ???

– OUAIS ! DU MOU !

– TIRE !!!

La corde doit probablement frotter quelque part et le premier a l’impression que le compagnon ne lui donne pas assez de corde.

Ca repart. Il y a un bon moment que le milieu de la corde est passé par le mousqueton d’assurage et le second surveille maintenant ce qu’il en reste.

– DIX METRES ! DIX !

Le premier sait alors qu’il est temps de chercher un relais. Il faut qu’il s’arrête avant d’arriver en bout de corde. La corde s’arrête de nouveau. Quelques instants plus tard.

– Relais !

Le second sait que le premier est auto-assuré et il défait l’assurage dynamique. Il reste néanmoins lui-même auto-assuré.

– AVALE !!

la corde se met en mouvement et finit par être tendue.

– Tu peux venir !

Le second défait son auto-assurage et récupère le matériel.

– JE VIENS ! SEC ! et il démarre.

Ce court extrait d’un long métrage sur une course en montagne illustre parfaitement la nécessité de pouvoir communiquer de façon claire et précise entre les membres d’une cordée.
> Techniques de descente en rocher

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