Les noeuds

Les noeuds

Seuls les 8 principaux nœuds sont présentés ici. Il faut savoir les faire parfaitement. Voir d’une main pour certains, et les yeux fermés.

Nœud de huit

Pour s’encorder en bout de corde, pour réaliser une boucle sur la corde de caravane, pour assembler 2 cordes de même diamètre.

Nœud de cabestan

Ou nœud d’amarre. Ce nœud bloque la corde quel que soit le brin sur lequel on tire. Il est notamment utilisé pour l’auto-assurage au relais. Il peut être fait, et réglé, sans sortir la corde du mousqueton.

Nœud de demi-cabestan

Ou demi-nœud d’amarre. Pour un assurage dynamique (nécessite un mousqueton de sécurité large et symétrique). Il permet la descente en rappel si un descendeur n’est pas disponible.

Nœud de prussik

Comme nœud autobloquant bis-directionnel pour l’auto-assurage lors des descentes en rappel; pour remonter le long de la corde; pour l’installation de systèmes de sauvetage. On le fait coulisser avec la main, mais une traction le bloque instantanément.

Il est possible de faire un prussik avec une sangle fine.

Nœud de Machard

Utilisé comme nœud autobloquant (plus facile à défaire que le prussik suite à un blocage). Prendre un anneau de cordelette. Tenir l’anneau de façon à ce qu’il soit allongé. Placer l’anneau ainsi fermé sur la corde. Maintenir le haut de l’anneau contre la corde avec une main, et avec l’autre tourner la cordelette autour de la corde plusieurs fois. Une fois terminé, passer le bout de la cordelette libre dans la boucle du haut et rabattre vers la bas.

Une vidéo explicative

Nœud de pêcheur double

Pour fermer un anneau de cordelette; pour assembler 2 cordes de diamètre différent.

Nœud de pêcheur simple

Pour s’attacher en milieu de corde.

Nœud de sangle

Pour confectionner un anneau de sangle. Prévoir une longueur de brin libre suffisante (10 cm minimum) car il peut se défaire par glissement (surtout avec des sangles neuves).

Idéal pour les sangles plates; difficile à desserrer.

Ne pas utiliser avec une sangle tubulaire

Une vidéo explicative

Nœud de blocage ou nœud de mule

Pour bloquer un demi-cabestan au relais, ou en toutes autres circonstances.

Demi-cabestan

Blocage

Sécurisation

Une vidéo explicative

Cordes, cordelettes, sangles et anneaux

les cordes

Les cordes utilisées en escalade sont du type dynamique, c’est-à-dire que leur élasticité absorbe une grande partie de l’énergie cinétique et limite ainsi les forces d’impact sur les points d’ancrages et sur le corps.

Il existe trois types de corde

♦ les cordes à simple

♦ les cordes à double

♦ les cordes jumelées  (ces dernières, cependant, n’ont pas la faveur des grimpeurs).

Ci-dessous 2 vidéos explicatives

Une corde à simple de 40 mètres permet de faire la plupart des courses classiques. Une corde plus longue (50 m) permet parfois d’éviter un relais précaire mais alors les frottements sur le rocher et dans les mousquetons deviennent excessifs et le poids prohibitif. Les cordes dites « à simple » ont un diamètre compris entre 9 et 11 mm.

Pour des escalades plus techniques, ou lorsque l’on prévoit de faire de longs rappels, on choisira une corde à double.

Il est utile de marquer le milieu de la corde ainsi que les deux points situés à 5 mètres des extrémités (pour pouvoir avertir le premier de cordée qu’il arrive en bout de corde). Pour ce faire utilisez de l’encre (qui n’attaque pas les fibres synthétiques), jamais du ruban adhésif.

Résistance des cordes

La corde est faite de fibres synthétiques. Elle est composée d’une âme et d’une gaine de protection tressée. Lors de son utilisation, de son entretien et de son stockage il faut se souvenir que les fibres synthétiques sont très résistantes à la traction et à l’humidité, en revanche elles sont très peu résistantes à la chaleur, au cisaillement, au rayonnement solaire et à de nombreux agents chimiques.

Entretien des cordes

Laver la corde à l’eau claire si elle est imprégnée de terre ou de sable. La sécher à température ambiante. Ne pas l’entreposer au soleil ou dans un endroit ou elle risque d’être en contact avec des produits chimiques (essence, acide d’accumulateurs etc..).

En course, protéger la corde des arêtes vives et éviter les frottements entre deux parties de corde ou entre corde et cordelette ou sangle (il est possible de couper une corde en quelques secondes en la frottant énergiquement avec une cordelette).

Remplacement des cordes

On doit impérativement changer une corde après une chute sérieuse, à la moindre lésion de l’âme ou après 3 à 5 années. Si la corde est utilisée souvent, on la changera plus rapidement. Pour avoir une idée approximative de la longévité d’une corde on peut appliquer la formule suivante: Nombre de chutes normalisées UIAA x 10 = nombre de jours de varappe (8 chutes UIAA x 10 = 80 jours de varappe).

Pour un usage polyvalent, on peut préconiser l’achat d’une corde à simple de 50 mètres et d’un diamètre entre 9 et 10 mm.

Enfin, lors de l’achat de votre corde exigez le label UIAA – CE qui est une garantie de qualité, lisez bien le dépliant qui l’accompagne et… ne la prêtez jamais.

Remarque

Les cordes utilisées en montagne tendent à être de plus en plus fines et à présenter une surface résistante à l’eau. La capacité de ces cordes – surtout si elles sont neuves – à freiner une chute est moindre que celle des cordes plus grosses et non traitées.

Je possède une corde à simple de 40m en 9.8mm pour la haute montagne, une corde à double de 50m pour l’escalade en falaise, et une corde à simple de 30m en 8mm « au cas où » (quand il n’y a pas de risque de chute, ou en cas de rappel)

les cordelettes

Elle permettent de confectionner des anneaux de rappel, des nœuds auto-bloquants (Prussik, Machard etc…) et de relier entre eux deux points d’assurage.

Elle sont indispensables lorsque l’on doit remonter le long d’une corde, sortir d’une crevasse sans l’aide de la corde de caravane et lors des sauvetages.

Toujours avoir deux ou trois cordelettes de réserve dont une de 5 mètres en 6 ou 7 mm de diamètre.

les sangles

Il y a des sangles tubulaires et des sangles plates.

Les sangles plates sont de section plate. Elles sont un peu plus robustes que les sangles tubulaires. Les sangles tubulaires sont des cylindres creux. Elles sont nettement plus souples que les sangles plates.

Les sangles tubulaires sont plus souples mais moins résistantes que les sangles plates. Elles servent à confectionner des anneaux d’assurage.
Leur tenue est meilleure sur les becquets rocheux, surtout si ceux-ci sont arrondis, que celle des cordelettes qui auraient tendance à rouler.

Les sangles tubulaires sont particulièrement fragiles à l’échauffement et au cisaillement; n’utilisez jamais une sangle tubulaire comme anneau de rappel, à moins qu’elle soit en parfait état et que vous l’ayez posé vous même, et même dans ce cas il est bon de la doubler avec une cordelette ou une sangle plate.

Plus d’infos ?

Encore plus d’infos ?

les anneaux

Une grande attention doit être apportée à la préparation des anneaux. Généralement la taille de l’anneau sera fonction de la largeur de la sangle et du diamètre de la cordelette.

La cordelette de 5 ou 6 mm et la sangle mince (15 mm) seront utilisées pour confectionner des anneaux de 60 à 80 cm (longueur de l’anneau déployé);
la cordelette de 7 ou 8 mm sera utilisée pour des anneaux de 100 à 130 cm;
la corde de 9 à 10 mm et la sangle large (25 mm) seront utilisées pour des anneaux de 150 à 180 cm. Le nœud bouclant la corde ou la cordelette sera un double nœud de pêcheur, celui bouclant la sangle sera un nœud de sangle. Chaque extrémité doit dépasser du nœud d’au moins dix fois le diamètre de la corde; pour les sangles au moins 10 cm. Cependant, le mieux et de se munir de sangles cousues.

Il est conseillé de vérifier régulièrement le blocage du nœud.

Ne pas hésiter à changer les anneaux fatigués.

Baudrier et casque

Baudrier (harnais)

Il doit répartir au mieux le choc sur l’ensemble du corps. Il doit aussi permettre à la victime de rester suspendue  sans l’étouffer et sans entraver la circulation du sang. Enfin, il doit emballer le corps sans entraver ni gêner les mouvements.
Le harnais complet, celui qui emballe aussi bien le bassin que le torse, et plus lourd et moins « glamour » que le cuissard mais il est plus sûr, surtout lorsque l’on porte un sac à dos. N’étant pas à la mode, le harnais complet n’est pas facile à trouver dans le commerce.

Attention. Une personne suspendues dans un harnais ou baudrier de manière prolongée
peut être victime du
« syndrome du harnais« 

Casque

Le casque est indispensable. Il protège non seulement contre les chutes de pierres et de glace, mais également contre les chocs sous les surplombs ou en cas de chute. A l’achat, s’assurer que le casque a reçu le label UIAA.

Le piolet

Le piolet

C’est l’outil le plus important du montagnard et aussi son compagnon. Il sert:

– de canne sur les sentiers raides et les pentes de neige,
– à tailler des marches dans la glace et la neige dure,
– de prise sur la neige ou la glace,
– de sonde pour localiser les crevasses,
– de moyen d’assurage,
– à enrayer et arrêter une glissade.

Bien utilisé, le piolet rend de nombreux services et, un jour, il vous sauvera la vie comme il a sauvé la mienne. Sachez le choisir, en prendre soin et apprenez à le manier correctement.

Choisir un modèle traditionnel, en métal, avec un pic cranté (pour l’ancrage), une panne (pour tailler les marches) et une pointe au bout du manche.

La longueur d’un piolet de marche se calcule ainsi: la pointe du piolet doit arriver à la malléole lorsque vous êtes debout en tenant le piolet par la tête du « T ». Si la dimension trouvée ne correspond pas à une dimension standard, prendre le piolet de taille inférieure.

S’assurer qu’il est bien équilibré et que le manche est recouvert d’une matière antidérapante.

Privilégier un piolet de type « T ». Il a une résistance plus élevée qu’un piolet de type « B » ce qui permet de l’utiliser pour réaliser un ancrage.

Les avis divergent quand à l’utilisation d’une dragonne. Pour ma part, je serais enclin à déconseiller son usage. Les risques de perte du piolet lors d’une chute sont moins importants que les risques de blessures au poignet et au bras lors d’une chute.

L’utilisation du piolet est décrite dans le chapitre consacré aux techniques de progression.

Le matériel moderne étant autrement plus complexe que celui d’antan, comment s’y retrouver ?  Voir choisir son pilet

Port du piolet

Lorsque le piolet n’est pas utilisé pour la progression, on le porte à la main, tête vers l’avant et pointe dirigée vers le sol pour ne pas se blesser en cas de chute.

Si l’on veut avoir les deux mains libres tout en gardant une possibilité d’accès rapide au piolet – ce qui est souvent le cas – on le glisse entre le sac et le dos en commençant par introduire le manche sous la bretelle, façon guide (voir la vidéo).

Lors de l’achat du sac à dos, s’assurer que le port du piolet façon guide ne fait pas mal au dos.

Il arrive parfois que le piolet tombe quand on enlève le sac. Pour éviter cela, il est possible de passer le manche dans la boucle d’accrochage du sac.

Lorsque l’on se déplace dans la foule (train, téléphérique etc..), on porte le piolet à la main, verticalement le long du corps.
Sauf en de rares occasions, le port du piolet sur la partie arrière du sac est fortement déconseillé.

Le sac à dos

Remarques générales sur le matériel

Les magasins spécialisés regorgent de matériel de toute sorte, aux formes futuristes, aux couleurs chatoyantes et aux noms exotiques, le rêve ?..  Un rêve qui peut rapidement se transformer en cauchemar sous la forme d’un gouffre financier et d’un casse-tête technique si l’on n’y prend pas garde. Les indications qui suivent ne concernent que le matériel de base avec lequel le montagnard, aussi bien débutant que moyen, peut faire la plupart des courses. Le jour où vous aurez besoin de matériel spécialisé vous n’aurez probablement plus besoin de lire cette prose.

Quelques remarques générales sur les sac à dos

♦ Le sac à dos sera plutôt étroit, ne débordant pas du dos et, si possible, en forme de hotte (plus large en haut qu’en bas).

♦ Sans armature rigide.

♦ Sans poches latérales ni lanières de fixation des ski, ou alors amovibles.

♦ Avec poche(s) dans le rabat.

♦ Avec lanière ventrale très large (pour faire participer les hanches au portage).

♦ Imperméable avec fond doublé (peu de sacs sont réellement imperméables, prévoir un grand sac poubelle en plastique que l’on utilisera comme sac intérieur de protection contre l’humidité).

♦ Surtout, éviter une surabondance de gadgets qui augmentent le prix, le poids et les ennuis pendant la course.

Enfin, se souvenir que plus le sac est grand, plus on en met, et plus il est lourd à porter !

Conseils: 

Il peut arriver que la sangle nylon des bretelles glisse dans la boucle. On peut la bloquer en la tordant d’un tour sur elle-même avant de la passer dans la deuxième partie de la boucle.

J’ai un sac à dos de 30 litres pour les courses de deux jours, et un autre de 45 litres pour les courses plus longues.

Les chaussures

Elles constituent la pièce maîtresse de l’équipement. Leur rôle est de protéger les pieds des agressions mécaniques et du froid, et permettre la marche en tout terrain et l’escalade.

Les chaussures qui nous intéressent ici sont les chaussures de haute montagne, nous laisserons de côté les pantoufles d’escalade ainsi que les chaussures dite de randonnée ou de trekking.

Les chaussures de haute montagne sont soit entièrement en cuir, soit en cuir et tissu synthétique. Les chaussures à coque plastique avec chausson intérieur ont de moins en moins d’adeptes.

Qu’elle soit tout cuir ou non, la chaussure doit avoir les caractéristiques suivantes:

♦ Elle doit avoir une semelle profilée (style vibram, du nom de l’inventeur Vitale Bramani), rigide (éventuellement semi-rigide) et non débordante

♦ La tige doit être suffisamment haute pour bien maintenir la cheville et les lacets assez longs pour effectuer un laçage croisé et un nœud d’arrêt efficace. Un bon laçage permet d’éviter bien des désagréments (voir la vidéo).

♦ et surtout, les chaussures doivent être confortables. Le talon doit être bien tenu, les orteils doivent avoir de l’espace (on doit pouvoir les bouger librement). A la descente, les orteils ne doivent pas toucher le bout de la chaussure (à tester dans le magasin).

 

Lors de l’achat, ne pas se fier aux conseils désintéressés ? de vos amis et aux conseils (parfois intéressés) du vendeur. La morphologie de vos pieds est certainement différente de celle de vos amis, et vous n’achetez pas des chaussures pour faire plaisir au vendeur.

Prendre son temps pour essayer plusieurs paires. Essayer c’est: enfiler les deux chaussures, les lacer correctement et les garder aux pieds au moins une demi-heure. Pendant ce temps, parcourir le magasin à la recherche de quelque autre objet à acheter, ça fera patienter le vendeur.