Objectif Montagne

Initiation à l'alpinisme et conseils pour pratiquer la montagne en toute sécurité

Le facteur de chute

Posté par on Avr 5, 2013

Le danger ne vient pas de la chute elle-même mais de la force du choc lors de l’arrêt. Tout dépend du facteur de chute. La théorie Quand un corps chute il accumule de l’énergie. Quand la chute se termine, cette énergie accumulée – la force de choc – se réparti entre tous les éléments de la chaîne d’assurage. Donc, plus il y a d’éléments plus la force de choc sera répartie. Cependant, la corde étant dynamique, c’est elle qui va absorber la plus grande partie de la force de choc. Le facteur de chute est calculé en divisant la longueur de la chute par la longueur de la corde déployée entre celui qui assure et celui qui tombe. Exemple 1 Curieusement, le premier relais intermédiaire est situé à 5 mètres au-dessus du relais principal. Je pars quand même. Manque de chance, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné ma dégaine. Dans cet exemple, je tombe de 10 mètres alors que la longueur de la corde déployée n’est que de 5 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 10 / 5 = 2 …ET LE CHOC EST MAXIMAL (SOIT L’EQUIVALENT DE QUELQUES 12 kN). Exemple 1bis Je grimpe dans les règles de l’art et je place un premier point de renvoi à 2.5 mètres au-dessus du relais. Comme dans l’exemple 1, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné le relais intermédiaire des 2.5 mètres. Dans ce cas, je ne tombe que de 5 mètres pour une longueur de corde déployée de 5 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 5 / 5 = 1 …ET LE CHOC EST 2 FOIS MOINDRE ! Exemple 2 Les relais intermédiaires sont tous à 5 mètres les uns au-dessus des autres. Tout va bien pour moi. Je suis à 30 mètres au-dessus du relais et je lâche encore prise juste avant d’avoir mousquetonné. Je tombe à nouveau de 10 mètres mais cette fois la longueur de la corde déployée est de 30 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 10 / 30 = 0.33 …ET LE CHOC, EN THEORIE, EST 6 FOIS MOINDRE QUE DANS L’EXEMPLE 1.    En théorie seulement, car en pratique c’est différent. En pratique Dans le terrain, le frottement de la corde dans les mousquetons et sur le rocher a pour effet de diminuer la longueur de corde efficace pour l’absorption du choc. Cela équivaut à augmenter le facteur de chute théorique. Concrètement, un facteur...

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Les incidents

Posté par on Mar 29, 2013

Perte de matériel S’il s’agit de matériel indispensable (crampons, piolet…) faire demi-tour si cela est encore possible. Attention en installant le rappel ! La corde ne doit jamais être tenue par une seule personne, un faux mouvement et l’on se retrouve sans corde. Le mieux est d’assurer la corde pendant les manœuvres. Si on perd le descendeur il est toujours possible de descendre, soit en utilisant le demi-cabestan sur mousqueton de sécurité, soit « à l’ancienne » (passez la corde en S autour du corps). Coincement de corde En premier lieu il faut faire en sorte que la corde ne se coince pas (ne jamais laisser de nœuds sur la corde, éviter qu’elle ne s’enfile dans une fissure etc…). Si elle est coincée, ne pas aggraver la situation en tirant dessus inconsidérément. Ne jamais remonter sur une corde coincée. Il faut escalader la paroi. Chutes de pierres Observer leur trajectoire et essayer de les éviter. Le sac peut servir de bouclier. Chute d’un grimpeur Ne pas céder à la panique. Prendre les dispositions nécessaires pour ne pas tomber soi-même. Si possible mettre le blessé à l’abri des dangers objectifs, l’installer confortablement, le protéger du froid et lui donner du chaud à boire. Organiser les secours. Mauvais temps Ne pas faire automatiquement demi-tour; il arrive souvent que le salut soit vers le haut. C’est la connaissance du massif, le sens de la montagne, et surtout une bonne préparation qui permettent de décider. > Sommet et...

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Itinéraire et passages délicats

Posté par on Mar 29, 2013

Recherche de l’itinéraire Regarder toujours au-delà de la longueur en cours. Ne pas hésiter à aller regarder derrière une arête ou à explorer une vire sur toute sa longueur. Le topo-guide ne doit être qu’un dernier recours. Penser aux premiers ascensionnistes qui n’avaient pas de description de la course. Eviter de se lancer vers n’importe quel piton ou anneau de corde; ils peuvent être les témoins d’erreur ou de retraite. Rester dans les difficultés en accord avec les cotations de la course. Les passages délicats Traversées Multiplier les assurages intermédiaires pour éviter que celui qui tombe ne fasse un trop grand pendule. Lorsqu’une traversée facile suit un passage d’escalade difficile le premier de cordée place un point d’assurage au début de la traversée pour assurer le second dans les difficultés. Si un passage difficile suit une traversée, le premier de cordée ne mousquetonne qu’un brin de corde au pied du passage difficile (dans le cas ou l’on grimpe avec une corde à double). Pendule Toujours s’assurer qu’un retour éventuel est possible. Descente Le premier à descendre pose les points d’assurage pour le second. Le second peut se faire assurer en passant la corde derrière un becquet Couloirs délités Faire relais sous un bloc surplombant ou au pied d’un ressaut. En marche simultanée, rester très près les uns des autres. Pentes avalancheuses Ne pas couper la pente (ou bien le plus haut possible). Descendre en suivant la ligne de plus grande pente (comme à ski). > Les...

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Agressions liées à l’altitude

Posté par on Fév 26, 2013

    Dans ces pages nous allons traiter des agressions subies par l’organisme et des moyens à mettre en œuvre pour réaliser un nouvel équilibre compatible avec la vie en altitude. Augmentation du froid pouvant provoquer des lésions Baisse de la pression atmosphérique pouvant provoquer le « mal des montagnes » Baisse de l’humidité atmosphérique Augmentation du rayonnement Le froid La sensation de froid est due à la vitesse de refroidissement de la surface de la peau. Trois facteurs influent sur la vitesse de refroidissement: La température La force du vent L’humidité de l’air La température baisse en moyenne de 0.8 degré par 100 mètres de dénivelé positif. Le vent s’intensifie avec l’altitude. En revanche, l’humidité de l’air diminue. Vers 2000 mètres l’humidité relative a diminué de moitié par rapport au niveau de la mer, et des trois-quarts à 4000 mètres. Ce facteur de refroidissement diminue donc au fur et à mesure que l’on monte. Il faut savoir que la conduction thermique de l’eau est 20 fois supérieure à celle de l’air, ce qui explique qu’un froid humide est plus difficile à supporter qu’un froid sec. L’homme ne peut vivre que dans une fourchette de température très étroite autour de 37 degrés. Il doit donc constamment gérer son capital thermique. Quand sous l’effet du froid les pertes de chaleur dépassent les gains, l’organisme va réagir de deux façons, il va: limiter les pertes en diminuant le débit sanguin cutané, augmenter la production interne de chaleur. Diminution du débit sanguin cutané La peau contrôle en permanence les échanges thermiques de notre corps avec l’extérieur. Pour préserver les organes vitaux d’une baisse dangereuse de température, la peau va diminuer son irrigation sanguine. Le bénéfice est double: (1) une peau froide constitue une barrière efficace contre les pertes de chaleur, car moins irriguée elle est moins conductrice de chaleur; (2) le sang ne circulant plus en surface et dans les extrémités, il se refroidit moins. Production interne de chaleur La thermogenèse peut être volontaire. L’exercice physique est un bon moyen de se réchauffer mais il consomme de l’énergie. Les aliments apportent en plus de leur valeur nutritionnelle un gain de chaleur à la digestion. Elle peut être aussi involontaire. Le frisson est une contraction musculaire involontaire visant à produire de la chaleur. La sécrétion hormonale intervient dans la lutte contre le froid en augmentant les métabolismes. Les lésions dues au froid Gelures Hypothermie Les gelures La...

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Les dangers subjectifs

Posté par on Fév 23, 2013

Les dangers subjectifs Les dangers subjectifs relèvent de l’alpiniste lui-même et/ou de la composition de la cordée: Incapacité physique Impréparation morale Lacunes intellectuelles et techniques Equipement inadéquat Mauvaise appréciation des conditions Danger confondu avec difficulté Cordée non homogène Incapacité et impréparation physique Le montagnard doit bien connaître ses possibilités physiques ainsi que ses limites. Force et résistance s’acquièrent par l’entraînement; la connaissance de ses limites par l’expérience. La résistance est mise à contribution non seulement par la durée de la course mais aussi, et surtout, par des circonstances particulières telles que l’altitude et le mauvais temps. S’engager dans une course de haute montagne sans une préparation physique appropriée, c’est mettre sa vie et celle de ses compagnons en danger. Impréparation morale La carence des ressources morales peut, dans bien des cas, être plus grave que la défaillance des ressources physiques. La peur, qui entraîne des réactions souvent imprévisibles et toujours dangereuses, est due à l’ignorance de soi et de la montagne. Là aussi, l’expérience est la meilleure garantie de réactions saines et efficaces devant des difficultés ou en cas d’accident. La montagne est impitoyable avec les irréfléchis, les étourdis, les vaniteux et les téméraires. En toute circonstance, cependant, le montagnard doit faire preuve de bon sens. Lacunes intellectuelles et techniques Les lacunes intellectuelles et techniques constituent une source importante de dangers. Le montagnard doit être capable de préparer sa course correctement et avoir le bagage technique pour la mener à bien en toute sécurité. Préparer une course c’est savoir lire un guide et interpréter correctement les informations, c’est être capable de préparer l’itinéraire en utilisant la carte, c’est connaître la météo, etc. Être techniquement apte à évoluer dans le terrain, c’est savoir s’orienter, c’est connaître les rudiments de l’escalade rocheuse et glacière, c’est savoir utiliser correctement le matériel. Équipement inadéquat Une lacune dans l’équipement et le matériel, un manque d’entretien sont des sources d’accident. Le montagnard sera avisé de prendre soin de son matériel, de ne pas s’encombrer de superflu mais de s’assurer l’indispensable. Mauvaise appréciation des conditions Sous-estimer les difficultés d’une course… ou sur-estimer ses propres capacités; manque d’informations; mauvaise interprétation des prévisions météo; départ trop tardif. Autant de facteurs pouvant transformer une course en calvaire. Danger confondu avec difficulté Une ascension peut être difficile, voire très difficile, sans être pour autant dangereuse. Une course peu difficile, voire même facile, peut être périlleuse. Ainsi, une escalade verticale dans...

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