Introduction à l’alpinisme / Foreword to mountaineering
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écrit par Wladimir T.

chef de course et instructeur au Club Alpin Suisse

Le 11 décembre 2023

Introduction à l’alpinisme

L’alpinisme, pris dans son sens le plus large,
est une activité variée et enrichissante

Varié, car il fait appel à un large éventail de connaissances et de techniques.

Enrichissante, car elle permet à ceux qui la pratiquent d’acquérir et de perfectionner ces connaissances et ces techniques et surtout de développer un certain nombre de qualités physiques et morales.

 

Mais c’est aussi une activité risquée

« Grimpez si vous voulez, mais n’oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans la prudence, et qu’un seul instant d’inattention peut détruire le bonheur de toute une vie. N’agissez jamais à la hâte, faites attention à chaque pas. Et dès le début, pensez que cela pourrait être la fin » Edward Whymper

Dans les chapitres suivants, j’essaierai de vous donner un aperçu des différents aspects de l’alpinisme d’été. C’est volontairement que je n’aborde pas l’alpinisme et le ski d’hiver, laissant à d’autres plus expérimentés le soin de vous en raconter les joies et les peines.

Mon intention n’est pas de traiter tous les aspects de l’alpinisme d’été de manière approfondie et exhaustive, et je n’ai pas les compétences pour le faire. Mon approche est plus pragmatique. Il s’agit de faire un inventaire aussi complet que possible des éléments qui composent cette activité, en mettant l’accent sur les points que l’expérience m’a permis de juger importants.

L’expérience dont je parle n’est pas celle d’un alpiniste de haut niveau. Pas de « premières », pas de « solos ». C’est l’expérience d’un alpiniste moyen, qui a fait de la moyenne et de la haute montagne par tous les temps, soit en tant que chef de course, soit en tant que participant. En fait, cela correspond aux aspirations de la plupart d’entre vous qui lisez ces lignes.

Dans les pages qui suivent, j’abandonne volontairement le terme « alpiniste » pour le remplacer par « montagnard« . Le mot « montagnard » me semble plus proche de la conception que nous avons de notre activité dans le milieu que nous aimons. Il recouvre à la fois la joie d’atteindre un sommet et le bonheur de vivre en parfaite communion avec la nature, dans le respect de la flore, de la faune et des hommes qui y vivent.

Car la montagne, avant d’être un « terrain de jeu », est un milieu vivant, avec une civilisation ancienne, forte et originale. Pour l’alpiniste, la montagne n’est souvent qu’une sorte d’abstraction physique qui ne prend sens que lorsqu’elle est utile – parois, sommets, glaciers… – le reste n’est qu’un amalgame à traverser, sans intérêt. L’alpiniste parle plus de temps et d’envie que de botanique ou de minéralogie ; il grimpe avec un « Condor » et un « Makalu » plutôt qu’avec un piolet et des crampons. Le sommet de l’alpiniste est un but à atteindre, celui du Montagnard est une manière de vivre la montagne. En cas d’échec, les premiers seront déçus, les seconds non.

De plus, le préfixe « alpin » est restrictif. Il est possible d’escalader des montagnes dans d’autres endroits, comme les Andes ou l’Himalaya.

Avant de parler technique, voyons les dimensions spatiales et temporelles de notre activité. Quelques repères historiques pour mieux comprendre la démarche intellectuelle de nos ancêtres montagnards, et quelques repères géographiques et géologiques pour situer et décrypter notre terrain d’évolution.

Foreword to mountaineering

Mountaineering, taken in its broadest sense,
is a varied and rewarding activity.

Varied, because it calls on a wide range of knowledge and techniques.

Enriching, because it allows those who practise it to acquire and perfect this knowledge and these techniques and above all to develop a certain number of physical and moral qualities.

 

But it’s also a risky activity

« Climb if you like, but never forget that courage and strength are nothing without caution, and that a single moment’s carelessness can destroy a lifetime of happiness. Never act hastily, take care with every step. And from the beginning, think that this could be the end »  Edward Whymper

In the following chapters, I will try to give you an overview of the different aspects of summer mountaineering. I’m deliberately not mentioning winter mountaineering and skiing, leaving it to others with more experience to tell you about the joys and sorrows.

My intention is not to deal with every aspect of summer mountaineering in depth and exhaustively, nor do I have the skills to do so. My approach is more pragmatic. The aim is to make as complete an inventory as possible of the elements that make up this activity, emphasising the points that experience tells me are important.

The experience I’m talking about is not that of a high-level mountaineer. No ‘firsts’, no ‘solos’. It’s the experience of an average mountaineer, who has done medium and high mountains in all weathers, either as a race leader or as a participant. In fact, it’s similar to the aspirations of most of you reading this.

In the following pages, I’m deliberately abandoning the term « alpiniste » and replacing it with « montagnard« . The word « montagnard » seems to me to be closer to the conception we have of our activity in the environment we love. It covers both the joy of reaching a summit and the happiness of living in perfect communion with nature, respecting the flora, fauna and people who live there.

This is because the mountain, before being a « playground », is a living environment, with an ancient, strong and original civilisation. For the « alpiniste« , the mountain is often no more than a kind of physical abstraction that only takes on meaning when it is useful – walls, peaks, glaciers… – the rest is just an amalgam to get through, of no interest. The « alpiniste » talks more about time and inclination than botany or mineralogy; he climbs with a « Condor » and « Makalu » rather than an ice axe and crampons. The « alpiniste’s » summit is a goal to be reached; the « Montagnard’s » summit is a way of experiencing the mountain. If they fail, the former will be disappointed, the latter not.

What’s more, the prefix « alpine » is restrictive. It is possible to climb mountains in other places, such as the Andes or the Himalayas.

Before we talk technicalities, let’s take a look at the spatial and temporal dimensions of our activity. A few historical points of reference to help us better understand the intellectual approach of our mountain ancestors, and a few geographical and geological points of reference to situate and decipher our evolutionary terrain.

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