Poulies

Poulies

les poulies

Pour l’alpiniste, les poulies doivent être légères et simples d’utilisation. Elles sont surtout utilisées pour faire des mouflages, notamment lorsqu’il s’agit de sortir une personne d’une crevasse.  Pour faciliter ce type d’intervention, on peut utiliser une « poulie simple » et une « poulie-bloqueur »

Poulie simple

Poulie-bloqueur

Si l’on ne dispose pas de ce type de matériel il est possible d’utiliser un mousqueton à la place de la poulie simple, et un mousqueton couplé avec un nœud autobloquant (style Prussik ou Machard français) à la place d’une poulie-bloqueur.

Le mouflage est une technique de sauvetage relativement complexe. Pour être efficace et éviter des manipulations hasardeuses source de danger pour tous les membres de la cordée, il est nécessaire de suivre un cours de formation.

Ci-dessous un exemple de mouflage

Quel que soit le matériel utilisé il est essentiel de savoir s’en servir correctement.

Hormis le matériel de base, il existe une quantité importante de matériel technique de toute sorte, plus ou moins utile. Ne pas s’encombrer. La plupart des courses peuvent se faire avec un minimum de matériel. Lorsque le temps viendra de faire des courses de haut niveau, le matériel aura évolué et, de toute façon, expérience acquise, le matériel nécessaire deviendra une évidence.

Les fondamentaux de l’alpinisme

Toutes les connaissances acquises à la lecture des chapitres précédents
ne doivent en aucun cas faire oublier les règles de base de l’alpinisme.

Ne pas tomber

L’essentiel est de toujours garder à l’esprit que toute ascension, quel que soit le terrain, est assujettie à la force de gravité.

La première consigne est donc de tout faire pour ne pas tomber.

Pour limiter les risques de chute, il est indispensable d’apprendre à marcher sur tout type de terrain. Que ce soit un sentier, une pente d’herbe, une pente de cailloux ou de blocs, ou une pente de neige.

Parcourir la moyenne montagne est une bonne façon d’acquérir la sûreté du pas indispensable à la pratique de la haute montagne.

Il est également important d’apprendre à grimper en utilisant ses quatre membres, ainsi qu’à gérer l’effort et l’appréhension du vide.

S’entraîner à l’escalade en salle, ou en extérieur sur des blocs, est une bonne façon d’acquérir l’équilibre, de développer la coordination des mouvements, et de s’habituer au vide.

Ne pas s’épuiser

Une course en haute montagne est également assujettie à toute une série de facteurs qui influent sur l’organisme humain. La fatigue, le froid, l’altitude, et parfois la peur.

Parcourir la moyenne montagne par tout type de temps est une bonne façon d’apprendre à se connaître, d’aguerrir son corps et de forger son mental.

Penser à garder de l’énergie en réserve en cas de coup dur.

Ne pas paniquer

Quels que soient les difficultés, les imprévus ou les incidents, être conscient qu’il existe toujours une issue.

Connaissance de soi et du milieu, acquis techniques, évaluation sereine de la situation et une dose d’imagination, permettent la plupart du temps de se sortir de situations délicates.

Le talent du montagnard, et aussi sa plus grande difficulté,
c’est de choisir la bonne technique pour le bon usage au bon moment.

Le facteur de chute

le facteur de chute / fall factor

Le danger ne vient pas de la chute elle-même mais de la force du choc lors de l’arrêt;
Tout dépend du facteur de chute.

The danger does not come from the fall itself but from the force of the shock when stopping;
It all depends on the fall factor.

La théorie

Quand un corps chute il accumule de l’énergie. Quand la chute se termine, cette énergie accumulée – la force de choc – se réparti entre tous les éléments de la chaîne d’assurage. Donc, plus il y a d’éléments plus la force de choc sera répartie.
Cependant, la corde étant dynamique, c’est elle qui va absorber la plus grande partie de la force de choc.

Le facteur de chute est calculé en divisant la longueur de la chute par la longueur de la corde déployée entre celui qui assure et celui qui tombe.

Exemple 1

Curieusement, le premier relais intermédiaire est situé à 5 mètres au-dessus du relais principal. Je pars quand même. Manque de chance, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné ma dégaine. Dans cet exemple, je tombe de 10 mètres alors que la longueur de la corde déployée n’est que de 5 mètres:
FACTEUR DE CHUTE = 10 / 5 = 2 …ET LE CHOC EST MAXIMAL (SOIT L’EQUIVALENT DE QUELQUES 12 kN).

Exemple 1bis

Je grimpe dans les règles de l’art et je place un premier point de renvoi à 2.5 mètres au-dessus du relais. Comme dans l’exemple 1, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné le relais intermédiaire des 2.5 mètres. Dans ce cas, je ne tombe que de 5 mètres pour une longueur de corde déployée de 5 mètres:
FACTEUR DE CHUTE = 5 / 5 = 1 …ET LE CHOC EST 2 FOIS MOINDRE !

Exemple 2

Les relais intermédiaires sont tous à 5 mètres les uns au-dessus des autres. Tout va bien pour moi. Je suis à 30 mètres au-dessus du relais et je lâche encore prise juste avant d’avoir mousquetonné. Je tombe à nouveau de 10 mètres mais cette fois la longueur de la corde déployée est de 30 mètres:
FACTEUR DE CHUTE = 10 / 30 = 0.33 …ET LE CHOC, EN THEORIE, EST 6 FOIS MOINDRE QUE DANS L’EXEMPLE 1.

En théorie seulement, car en pratique c’est différent.

En pratique

Dans le terrain, le frottement de la corde dans les mousquetons et sur le rocher a pour effet de diminuer la longueur de corde efficace pour l’absorption du choc. Cela équivaut à augmenter le facteur de chute théorique.

Concrètement, un facteur de chute réel ne sera pratiquement jamais inférieur à 0.5

Pour réduire au maximum le facteur de chute réel, on peut utiliser une corde à double en mousquetonnant alternativement chaque brin pour réduire les frottements. Il est également possible d’utiliser une dégaine « Explose » qui se déchire en partie à partir d’une certaine force et réduit ainsi la force appliquée sur la chaîne d’assurage.

ATTENTION: En via-ferrata le facteur de chute peut être supérieur à 2.

La chaîne d’assurage

Une chaîne d’assurage est au minimum constituée par un point d’encrage, un mousqueton, une corde et le baudrier de celui qui est assuré. D’autres éléments, tels que sangles, cordelette, coinceurs, broches à glace etc…, peuvent faire partie d’une chaîne d’assurage. Il est important d’avoir toujours à l’esprit que…

…la solidité d’une chaîne d’assurage est égale à son maillon le plus faible.

Partant de cette constatation, un relais constitué de deux broches à glace, deux mousquetons et une cordelette de 4 mm de diamètre n’est qu’illusion.

Le tableau ci-dessous donne une indication sur la résistance statique de quelques éléments d’une chaîne d’assurage.

Résistances statiques comparées

kN Kg
Force maximale lors d’une chute en facteur 2 12 1220
Mousqueton, selon grand axe, doigt fermé 20 2040
Câble de coinceur 2 mm 2.5 250
Câble de coinceur 4 mm 9.8 1000
Sangle 2 bandes 10 1020
Sangle 4 bandes 20 2040
Cordelette 4 mm 3.2 325
Cordelette 7 mm 9.8 1000
Cordelette 8 mm 12.8 1305
Lunule 10 cm 6 – 7 610-715
Lunule 20 cm 12 1225
Broche à glace 9 – 11 915-1120

Plus d’informations ?..  Voir : Petzl et Alpiniste.fr

Le relais

Le relais doit être absolument sûr et, si possible, confortable car c’est aussi un moment de repos.

S’arrêter avant d’être en bout de corde afin de conserver une distance de freinage suffisante en cas de chute (assurage dynamique).

S’auto-assurer dès l’arrêt. Pour changer de point d’auto-assurage, d’abord s’assurer au second avant de quitter le premier. Ne jamais être en défaut d’assurage.

Avaler le « mou » de la corde avant de faire le nœud d’assurage pour faire monter le compagnon.

Éviter de laisser pendre la corde sous le relais, la lover au fur et à mesure.

Si la corde est utilisée pour un rappel, avant de la quitter, relier le baudrier à un point d’assurage avec une cordelette ou une sangle.

Lorsque deux grimpeurs se retrouvent au relais, bien étudier les manœuvres de corde avant de les entreprendre, et personne à aucun moment ne se retrouvera non-assuré.

Ne pas précipiter le départ du premier avant que la corde ne soit bien préparée (il peut être très dangereux d’arrêter le premier lors de sa progression pour défaire un nœud dans la corde !).

Voir la vidéo

Plus d’info ?.. ici

L’assurage du grimpeur

Celui qui assure étant lui-même auto-assuré, sa fonction est de stopper la chute éventuelle de celui qui grimpe.

Pour ce faire, placer un mousqueton à vis sur l’un des deux points fixes (dans le cas de deux points fixes reliés entre eux dans le rocher), soit sur le baudrier dans tous les autres cas de figure. Le freinage sera assuré par un demi-noeud d’amarre (ou demi-cabestan) dans le mousqueton à vis en question.

Concernant l’installation d’un relais dans le rocher et l’assurage de celui qui grimpe, les recommandations d’ Emanuel Wassermann et Michael Wicky extraites de l’ouvrage intitulé « Technique et tactique en escalade plaisir », fournissent des explications pertinentes.

Afin de minimiser le choc sur la chaîne d’assurage, et donc sur le corps de celui qui tombe, un premier relais intermédiaire sera placé juste au-dessus du relais. Se référer au facteur de chute.

Il faut cependant savoir que les cordes utilisées en montagne tendent à être de plus en plus fines et à présenter une surface résistante à l’eau. La capacité de ces cordes – surtout si elles sont neuves – à freiner une chute est moindre que celle des cordes plus grosses et non traitées.

Les cordes étant très sensibles à la chaleur, due notamment au frottement, ne jamais mettre corde sur corde.

Il est fortement conseillé de s’exercer à la pratique de l’assurage en école d’escalade avant d’entreprendre une course en montagne.

 

Plus d’infos ?.. Voir Petzl