Je m’habille pour la nuit, allume la bougie, et déguste quelques carrés de chocolat (chocolat acheté avant le départ et planqué dans le sac de voyage). Puis je me brosse les dents et me glisse dans le sac de couchage en espérant que le liquide absorbé en abondance pendant le souper ne m’obligera pas à sortir de la tente plus d’une fois au cours de la nuit.
Ce soir, la discussion s’est éternisée pour savoir s’il a été opportun d’envoyer quelqu’un à Muchu afin d’essayer de faire avancer notre vol au départ de Simikot. Un échange de point de vue sur le même sujet aura lieu le lendemain en présence de Gaston et Jacques. Quant à moi, je partage le point de vue de Georges selon lequel il n’est pas sage de précipiter notre arrivée à Simikot dans l’espoir de gagner un, voire deux jours, avec le risque important de devoir traîner quatre jours sur place à attendre le vol.
Comme chaque soir, deux feux de camp brillent dans la nuit. Celui des yakmen et celui de notre cuisinier autour duquel se rassemble les sherpas. Autant le premier est calme et paisible, autant du second nous parviennent éclats de voix et rires.
Les yakmen sont autonomes. Ils transportent leur propre nourriture et cuisinent dans leur coin. Galettes de céréales, céréales grillées, parfois un peu de riz, le tout accompagné de thé salé au beurre de dri.