La glace

la glace

La transformation de la neige en névé puis en glace donne naissance aux glaciers.

Dans les Alpes, dans les versants orientés vers le nord, c’est au-dessus de 3’000 à 3’500 m d’altitude que les rochers sont tout ou en partie recouverts d’une carapace de glace épaisse et permanente (parois glaciaires). Cette glace coule, lentement, et va rejoindre un bassin d’accumulation (ou vallée glacière). Selon la nature du terrain sous-jacent des séracs suspendus peuvent se former sur la paroi. Ils sont d’autant plus dangereux qu’ils peuvent se détacher à tout moment.

Avec la hausse de la moyenne des températures de ces dernières années, les parois glacières diminuent, la roche est mise à nu et se désagrège sous l’influence des conditions météorologiques.
Parallèlement, la limite inférieure du pergélisol remonte. Elle se situe actuellement à environ 2800 m dans un versant nord et à plus de 3500 m dans un versant sud. En dessous de ces hauteurs, la glace qui faisait office de ciment a disparu et la stabilité des parois rocheuses est fortement compromise.

Si les parois glacières réservent de mauvaises surprises, ce n’est pas pour autant qu’un glacier plat et rectiligne est exempt de dangers.

Tout glacier se déplace. Dans les Alpes, les glaciers combinent un mouvement par déformation de la glace et par glissement. Les vitesses sont de l’ordre de quelques dizaines à quelques centaines de mètres par année.
Comme les différentes parties du glacier ne se déplacent pas à la même vitesse, et qu’il y a des ruptures de pente, il se forme des crevasses et des seracs. Les séracs s’évitent. les crevasses aussi quand on les voit… mais recouvertes de neige, le montagnard a vite fait de tomber dans une oubliette !

 

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Neige, avalanches et corniches

Neige, avalanches et corniches

neige, avalanches et corniches

La neige

La neige est un matériau poreux constitué de glace et d’air qui évolue sans cesse sous l’influence des conditions extérieures.

Le flocon de neige est constitué de cristaux qui peuvent prendre des formes géométriques très variées. Selon leur aspect, les cristaux s’accrochent donc plus ou moins facilement entre eux et déterminent la consistance des flocons qui s’agglomèrent pour former un manteau neigeux très complexe.

En général, il est poudreux au départ, mais dans un laps de temps très court les cristaux de glace se soudent à leurs points de contact et forment ainsi une structure poreuse continue, une « mousse de glace ». Mais cette structure n’est en aucun cas figée. Selon les conditions ambiantes (température, vent et rayonnement), elle continue à évoluer.

L’interaction entre les couches de neige et la structure du sol sur lequelle elles reposent, constitue l’autre facteur important qui détermine les caractéristiques du manteau neigeux. La genèse des avalanches dépend essentiellement des caractéristiques de ce manteau neigeux.

La neige est à l’origine de nombreux pièges pour le montagnard.

Les avalanches

Sont l’un des dangers naturels les plus importants. Elles constituent une menace permanente pour le montagnard quelle que soit la saison.

On peut classer les avalanches selon leur type d’écoulement.

Avalanche de poudreuse

Elle concerne une épaisse couche de neige sèche, sans eau liquide, très froide et peu dense. L’instabilité résulte de l’accumulation sur une pente raide et c’est son propre poids qui fait glisser la neige par gravité, d’abord ponctuellement puis sur la plus grande largeur de pente possible. La cause principale de l’avalanche est la surcharge, qu’elle soit due à une nouvelle chute de neige abondante ou au passage d’un skieur ou d’un marcheur. Ce type d’avalanche est rare en période estivale, sauf en très haute altitude.

Avalanche de plaques

Ces avalanches, souvent déclenchées par des skieurs ou des marcheurs, sont celles qui font le plus de victimes. Elles impliquent parfois des plaques à vent, mais dans presque tous les cas une couche fragile sous-jacente de neige à faible cohésion en représente le principal facteur de risque. Si parfois on peut être alerté par des bruits de soufflement ou d’effondrement quand on marche dessus, il n’est généralement pas possible de les reconnaître a priori. Elles sont particulièrement dangereuses pour le montagnard.

Avalanche de fonte

Ce type d’avalanche est directement lié à la présence d’eau liquide (fonte superficielle ou pluie). Ces avalanches se produisent au cours de réchauffements importants, accompagnés ou non de pluie. Leur trajectoire est guidée par le relief. Ces avalanches sont fréquentes au printemps. Elles sont sans doute moins inquiétantes parce qu’elles sont un peu plus prévisibles, se déclenchant notamment dans l’après-midi et sur les pentes exposées plein Sud.

 

Les corniches

CornicheNeigeLe transport de la neige par le vent en montagne, est à l’origine des corniches (et des plaques à vent qui y sont associées). Les corniches sont des accumulations de neige au niveau des arêtes, qui peuvent surplomber le vide de plusieurs mètres. Elles peuvent se rompre à tout moment. Sur l’arête, le montagnard avisé marchera éloigné du vide. En dessous, il évitera de progresser sous ces amas de neige.

 

Les ponts de neige

Les ponts de neige

Des ponts se forment par accumulation de neige arc-boutée comme une voûte entre les lèvres d’une crevasse, d’une rimaye, ou toute autre ouverture dans le terrain. Un pont de neige peut couvrir complètement l’ouverture et donc présenter un danger supplémentaire. Si quelquefois ils sont repérables (léger affaissement, ou distinction du bord de la lèvre de la crevasse), souvent ils sont indécelables. Plus dangereux encore, la transformation rapide de la neige l’été peu rendre un pont de neige praticable le matin très tôt, et infranchissable quelques heures plus tard lors de la descente.

Image extraite de l’exposition « D’un pôle à l’autre ».

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Les roches du montagnard

Grès et calcaires
pour une escalade tout en finesse

Granits et gneiss
pour une escalade un peu plus athlétique

Schistes
pour se faire peur

Le grès

Est constitué de grains de sable liés entre eux par un ciment. Il est, de par sa nature même, friable. Mais s’il est recouvert d’une patine qui le met à l’abri de la désagrégation on a alors une roche compacte et solide. La surface peut en être relativement lisse avec des grattons allongés (réglettes), des trous et des excavations, là où l’érosion éolienne s’est exercée. On le trouve rarement en haute montagne. En France, la forêt de Fontainebleau est connue pour ses blocs de grès. Annot, au coeur des Alpes de Haute-Provence, offre de magnifiques falaises de grès.

Les calcaires

Forment une vaste famille dont les membres se rencontrent partout. Des Calanques à l’Annapurna, les calcaires s’entassent sur 8 kilomètres d’épaisseur et servent d’armature à la plupart de nos montagnes. En Europe, on le trouve en général à moins de 3000 mètres, sauf dans l’Oberland Bernois, les Dolomites et la Vanoise. C’est une roche à base de carbonate de chaux.

Certains calcaires contiennent des débris organiques d’autres, comme les coraux, ont étés construit par des organismes vivants, c’est le cas du calcaire urgonien du Vercors ou de la Chartreuse. Certains contiennent de la silice, d’autres du carbonate de magnésium (dolomie).

Le caractère primordial du calcaire est sa solubilité. Selon sa composition, le calcaire engendre des formes très diverses. Dans le cas de la dolomie, par exemple, le carbonate de chaux est soluble tandis que le carbonate de magnésium ne l’est pas d’où les formes ruiniformes, très travaillées du relief dolomitique. C’est une roche qui est également sensible au gel. Le résultat, ce sont les chutes de pierres incessantes de l’Eiger et de la Grande Casse.

Au total le calcaire n’est pas sans défauts, mais son abondance et sa variété en font la roche reine du varappeur. Il engendre un type d’escalade aérienne, tout en finesse. C’est la roche pédagogique par excellence: « tout dans la tête et les pieds ».

Les granits

Sont la roche mère de l’écorce terrestre. Ils n’apparaissent pas souvent à la surface dans les massifs jeunes. Les granits sont relativement importants dans les Pyrénées et en Corse. Dans les Alpes, on les trouve surtout dans la zone axiale des Alpes occidentales: massif des Ecrins, chaîne du Mont-SBlanc, en Suisse centrale (Salbitschin), et dans les Grisons (Piz Badile).

C’est une roche à structure purement cristalline qui évolue par altération chimique. Cela donne une surface extrêmement rugueuse, très adhérente.

La Protogine est un granit dont les cristaux ont été déformés par compression et dont le mica a été chloritisé. Il est très solide et donne de superbes monolithes tels que les Drus, le Capucin et la Dibona. Ce granit présente des diaclases qui favorisent l’érosion mécanique. La roche tend à s’écailler en fragments de grande taille, c’est la desquamation. Peu plastiques, ces granits cassent selon des lignes nettes et engendrent de belles failles.

Ces structures déterminent un style d’escalade particulier avec prépondérance des mouvements d’opposition et des coincements.

Le gneiss

A la même composition minérale que le granit (quartz, mica, feldspath), mais avec une disposition stratifiée des éléments. C’est une roche multicolore avec des effets de gaufrage.

Il y a différents types de gneiss. Le gneiss piémontais est comparable au meilleur des granits avec toutefois une rugosité moindre, une grande fréquence de petites écailles et une forte sculpture superficielle des dalles (Argentera, Grand Paradis, Aiguille du Pouce). Le gneiss de l’Oisans lui, chevauche les granits dans presque tous les grands sommets du massif homonyme. Il se caractérise par une grande raideur, par une structure imbriquée riche en prises mais souvent difficile à pitonner. Les gneiss helvétiques et tyroliens se retrouvent dans la plupart des massifs des Alpes centrales (Cervin, Oberland). Il se signale par des constructions pyramidales grandioses. Il est souvent fracturé et pas toujours solide. On pourrait le situer quelque part entre le gneiss piémontais et les schistes cristallins. Il donne de belles arêtes.

Pour gravir le granit et le gneiss « En plus de la tête et des pieds… il faut avoir des bras ».

Les schistes

Il présentent une structure très feuilletée. Les pentes sont rarement fortes. Ce sont des roches à gravir … par les couloirs de glace. Les schistes cristallins se présentent sous forme de plaques solides et compactes aux rebords friables. Ils donnent de belles dalles aux arêtes tranchantes avoisinant de lamentables éboulis.

> La neige

Les roches du géologue

Les roches sédimentaires

Les roches magmatiques

Les roches métamorphiques

Ces roches sont des agrégats naturels d’un ou de plusieurs minéraux, et parfois aussi de substances non cristallisées. Les roches affleurantes dérivent essentiellement de trois processus physico-chimiques: la cristallisation à partir d’une matière en fusion, la précipitation à partir d’une solution et la recristallisation.

Les roches sédimentaires

Couvrent les trois quarts des terres émergées, sont l’aboutissement de la transformation de roches préexistantes, due à la gravité, aux agents atmosphériques et aux organismes vivants. Parmi ce type de roches figurent l’anthracite, le silex, le gypse, l’argile, le grès et les calcaires.

 

Les roches magmatiques

Proviennent de la cristallisation plus ou moins rapide du magma. On peut classer ces roches en fonction du milieu géologique de leur mise en place, auxquelles correspondent différentes conditions de pression et différentes vitesses de refroidissement.

On distingue ainsi les roches intrusives (ou plutonites), les roches hypoabyssales et les roches effusives. Les roches intrusives se sont cristallisées lentement en profondeur, sous une pression telle que le dégagement du gaz magmatique n’a pas été possible. Les roches hypoabyssales ont cristallisé à des profondeurs intermédiaires, sous une pression suffisante pour que trop de gaz ne s’échappe pas, mais de manière rapide. Les roches effusives enfin, ont cristallisé en surface ce qui fait qu’elles se sont dégazées et qu’elles se sont refroidies très rapidement.

Parmi les roches magmatiques figurent le granit (intrusives), le gabbro (intrusives), le basalte (effusive), l’obsidienne (effusive), la pierre ponce (effusive), le porphyre (hypoabissale) ou encore la granophyte (hypoabissale).

 

Les roches métamorphiques

Sont des roches qui ont subi une transformation du fait de températures et de pressions très élevées. Ainsi, le grès s’est transformé en quartzite, le calcaire en marbre, le granit en gneiss.

 

Toutes les roches ne constituent pas un terrain propice à l’escalade, loin s’en faut

Géographie et Milieu Alpin

Géographie et Milieu Alpin

Géographie

Géographie

Le massif des Alpes est un ensemble montagneux qui s’étend sur 1200 kilomètres, du col d’Altare en Italie, à Vienne en Autriche. Il est partagé par huit pays : l’Italie, la France, Monaco, la Suisse, l’Autriche, le Liechtenstein, l’Allemagne, et la Slovénie. Sa largeur varie de 130 à 250 km.

Les Alpes peuvent être subdivisées en trois entités: les Alpes occidentales (de la Méditerranée au Valais), les Alpes centrales (entre le Valais et les Grisons), et les Alpes orientales (des Grisons à Vienne).

Ce massif couvre environ 300.000 km² et est peuplé de quelques 13 millions de personnes. Soit une densité de 43 habitants au km². Une densité élevée pour un massif montagneux.

Des informations détaillées sur la géologie, la géographie physique et la géographie humaine des Alpes sont disponibles sous l’article Alpes de l’encyclopédie Larousse.

L’ensemble du relief de la chaîne des Alpes peut être visualisé ci-dessous

Milieu alpin

En montagne, la végétation change progressivement selon l’altitude, l’exposition au soleil, et la situation géographique du massif montagneux.

On distingue cinq « étages » ou écosystèmes successifs, avec pour chacun un paysage et une végétation caractéristique.

Les cinq écosystèmes successifs :

  1. étage collinéen, jusqu’à 800m d’altitude
  2. étage montagnard, entre 800m et 1400-1700m
  3. étage subalpin, entre 1400-1700m et 1800-2400m
  4. étage alpin, entre 1800-2400m et 3000m
  5. étage nival, au-dessus de 3000m

Davantage d’information sur WikipédiA à la rubrique Flore des Alpes.

En principe, le randonneur ne s’aventure pas au-delà de l’étage alpin. Le montagnard, lui, va monter plus haut et évoluer sur un terrain où prédominent les roches, la neige et la glace. Ces éléments imposent de faire une distinction fondamentale entre différents types de progression.

Nous y reviendrons plus tard lorsque nous aborderons l’étude des différentes techniques de progression.

Toutes les roches ne sont pas propices à la pratique de l’escalade. Il y a toutes celles du géologue, et celles qui font la joie du montagnard.

Respect de l’environnement

Le montagnard, respectueux de l’environnement, s’efforcera de préserver le milieu dans lequel il évolue.

Pour l’aider dans cette démarche, le CAS met à disposition un aide-mémoire sur les bonnes pratiques à observer lors des courses en moyenne et haute montagne.