Pharmacie de poche

pharmacie pour les courses

Elle peut être réduite car l’efficacité du secours n’est pas fonction de la quantité de médicaments mais de la bonne connaissance de quelques gestes simples.

Les médicaments et matériels énumérés ci-dessous doivent être considérés comme de simples exemples.

Pour une cordée de deux et une course de un à deux jours

  • Désinfectant non agressif
  • Pansement combiné pour plaies et brûlures
  • Cartouche de gaze
  • Triangle de toile
  • Paquet de pansements adhésifs
  • Rouleau de sparadrap
  • Bande élastique de fixation
  • Pansements de protection contre les ampoules, type « Kurotex »
  • Epingles de sûreté
  • Petits ciseaux
  • Pincettes
  • Comprimés d’aspirine
  • Comprimés contre les maux d’estomac et les diarrhées
  • Couverture de survie
  • Matériel pour écrire
  • Sifflet, miroir, éventuellement stylo lance-fusées pour donner l’alarme.

Il est bon de disposer en toutes circonstances d’une ration de survie
…et d’eau (sinon de matériel pour faire fondre de la neige).

Préparation technique de la course

préparation de la course

Une fois le but de la course choisi et les compagnons réunis, il faut

  • Établir l’itinéraire
  • Prévoir le ravitaillement
  • Rassembler l’équipement et le matériel

L’itinéraire

Établir l’itinéraire c’est réunir toutes les informations géographiques nécessaires pour atteindre le refuge, puis le sommet et aussi pour revenir à son point de départ. La course ne s’achève pas au sommet mais dans la vallée.

S’il est indispensable de parfaitement préparer le cheminement qui mène du refuge à l’attaque de la voie, et de là au sommet, il est tout aussi important, sinon plus, de bien reconnaître l’itinéraire de descente.

La fatigue, le mauvais temps qui arrive additionnés au fait que l’on voit beaucoup moins bien le relief depuis le haut que depuis le bas, font que les retours peuvent être très délicats s’ils ne sont pas parfaitement organisés.
Une bonne connaissance du massif dans lequel on évolue peut rendre de précieux services lorsque, pour une raison ou une autre, il n’est pas possible de redescendre par la voie prévue. Si en plus on a pris soin de prévoir une voie de secours alors on a vraiment toutes les chances de pouvoir revenir dans les meilleures conditions.

Compléter toutes ces informations par un plan horaire où seront indiquées l’heure de départ du refuge, celle de l’attaque de la voie, l’heure approximative de l’arrivée au sommet et celle du retour au refuge. Un plan de marche, ainsi qu’un croquis succinct de la voie glissé dans une poche, pourront également vous rendre de précieux services.

Parmi les sources de renseignements on trouve les cartes, les guides et les récits. Ne pas omettre de se renseigner aussi auprès des collègues qui ont déjà fait la course, auprès du gardien ou d’autres alpinistes qui reviennent de la course.

Le ravitaillement

Le type et la quantité de nourriture à emporter en course peuvent être aisément déterminés en fonction des informations données sous la rubrique « physiologie« .

Pour une course de deux jours avec demi-pension en cabane je prend environ 50g de viande séchée, 50g de fromage à pâte dure, 150g d’un mélange fruits secs et noix, 2 barres énergétiques et 100g de biscuits aux 5 céréales.

L’important est de boire suffisamment.

Je prends toujours un thermos de boisson chaude (un litre).

Il est recommandé d’avoir avec soi un moyen de faire fondre la neige, et cela dès que l’on projette de rester en altitude plus d’une journée.

Préparation du sac

Pour éviter d’oublier quoi que ce soit, préparer une check-list et cocher le matériel au fur et à mesure qu’il est mis dans le sac.

Pour un portage sur sentier, répartir la charge de telle sorte que son centre de gravité soit au dessus des épaules.

En escalade, en revanche, le centre de gravité de la charge sera proche du milieu du dos.

Evitez de mettre des objets durs contre le dos, placez-y plutôt les habits.

Si le temps n’est pas sûr prévoir des sacs plastiques pour garder le linge au sec. On peut aussi doubler le sac à dos avec un grand sac genre « sac poubelle ».

Placer le matériel de première nécessité vers le haut. Éviter tout espace vide. Dans le rabat : bonnet, gants, lunettes de soleil, crème solaire et labiale, téléphone portable.

Mettre les crampons à l’intérieur du sac, éventuellement sous le rabat.

A la bretelle: un mousqueton avec un anneau de cordelette en cas de chute dans une crevasse ou d’installation d’un relais de fortune.

Eviter de transporter le piolet sur le sac surtout dans des endroits fréquentés.

Mon fond de sac (matériel commun à toutes mes sorties): vêtements de rechange, gants, cagoule, thermos, aliments énergétiques, lunettes de soleil, crème solaire et labiale, petite pharmacie, carte, boussole et altimètre, carte de membre, lampe frontale, couverture de survie, grand sac poubelle, papier et crayon, sifflet, allumettes, couteau, téléphone portable.

Choix de l’objectif

Une course en montagne ne commence pas au moment où l’on entame la montée au refuge, elle commence bien avant, au moment où l’on conçoit le projet.

Préparer une course c’est choisir un objectif, choisir le ou les compagnons de cordée, déterminer l’itinéraire, prévoir l’équipement nécessaire.

On ne part pas pour n’importe quelle course, par n’importe quel temps avec n’importe qui. La décision est fonction des grimpeurs en présence, des conditions de la montagne, de la météo et du temps dont on dispose. Attention aux cotations.

Les grimpeurs

Il faut tenir compte des goûts de chacun. Bien que le véritable montagnard se doive de goûter aussi bien au rocher, à la glace qu’au terrain mixte, chacun a ses préférences. La forme physique, l’entraînement, le niveau technique ainsi que les qualités morales sont à prendre en considération.

Face aux difficultés, l’efficacité d’une cordée est proche de son élément le plus faible.

Les conditions de la montagne et du temps

Il est indispensable de prendre connaissance des prévisions météorologiques. Pour les courses en rocher il faut s’assurer que celui-ci est sec et que les fissures et les cheminées sont débarrassées de la glace. Pour les courses de neige attendre que celle-ci soit transformée et stabilisée.

Le temps à disposition

Il faut savoir que les horaires indiqués dans les guides sont donnés pour une cordée homogène de deux alpinistes. Il est bon de prévoir une marge de sécurité au cas ou un incident quelconque viendrait perturber le bon déroulement de la course.

Les cotations

Attention ! Ne pas choisir les courses uniquement en fonction des cotations. Passer du IV en école d’escalade, en pantoufles, ne garanti pas de pouvoir escalader une succession de passages de III en grosses chaussures et avec un sac à dos. De nombreuses cheminées et fissures en III fatiguent autant que quelques courts passages de V. Une course cotée D, courte et sans dangers objectifs, peut être de moindre envergure qu’une longue ascension cotée AD. Enfin, pour une course de neige, l’inclinaison importe moins que la qualité de la neige.

Suis-je prêt ?

Il importe de se poser les deux questions suivantes:

« Partirais-je si aucune opération de secours n’était possible ? »

« Suis-je armé pour faire face aux difficultés imprévues ? »

De la réponse, honnête, à ces deux questions va dépendre soit le départ, soit l’annulation, soit le réaménagement de l’objectif et/ou des compagnons.