Objectif Montagne

Initiation à l'alpinisme et conseils pour pratiquer la montagne en toute sécurité

Ce que vous apprendrez dans ces pages:

  • La corde est là pour enrayer une chute et non pour multiplier le nombre des victimes.
  • Pas d’assurage sans auto-assurage.
  • Assurer correctement celui qui grimpe.
  • Placer le premier relais intermédiaire le plus tôt possible (voir facteur de chute).
  • La solidité d’une chaîne d’assurage est égale à son élément le plus faible.

Quand doit-on assurer ?

Posté par on Avr 5, 2013

La corde est là pour enrayer une chute et non pour multiplier le nombre des victimes. Pour décider si oui ou non il est nécessaire d’assurer, le grimpeur doit mobiliser ses cellules grises et faire, en toute lucidité, le rapport entre: la difficulté du passage à gravir, d’une part et… d’autre part, sa technique, sa vigueur physique et son moral. De ce rapport découle la décision. Cependant, au cours de l’escalade, des incidents peuvent se produire et provoquer une chute. C’est pourquoi celui qui assure doit, avant que le compagnon ne commence à grimper, faire un effort d’imagination consistant à prévoir les conséquences d’une chute éventuelle pour s’assurer que les moyens mis en oeuvre pour l’enrayer sont adéquats. Pour ce faire, il doit être capable de: Prévoir l’importance et la direction de la chute selon l’emplacement du grimpeur, l’inclinaison de la paroi, le cheminement, les points d’assurages intermédiaires, etc. S’assurer de la possibilité de stopper la chute selon les caractéristiques du relais. Si, par exemple, lors d’une chute la force de traction sur le relais va s’exercer vers le haut, une sangle passée autour d’une pointe de rocher ne sera d’aucune utilité. De même, un piolet enfoncé verticalement dans la neige ne sera pas en mesure de fournir un encrage suffisant pour retenir un choc suite à une glissade. L’assurage est à la fois une prise de conscience, une responsabilité, une technique délicate et une préparation. Il ne faut compter ni sur la chance, ni sur l’improvisation. > Points d’assurage dans le...

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Points d’assurages dans le rocher

Posté par on Avr 5, 2013

C’est dans ce domaine que la prolifération de matériels nouveaux est la plus importante. Bien qu’étant fiables, ces matériels sont parfois d’un maniement délicat et leur poids pas négligeable. Mais il ne faut pas oublier que le rocher offre des possibilités d’assurage naturel tout aussi valable, à condition de savoir regarder et faire preuve de réflexion et d’astuce. Ce sont ces moyens d’assurage naturel que tout montagnard débutant se doit de connaître en premier lieu. Viennent ensuite les moyens artificiels. Points d’assurages naturels Points d’assurage artificiels Points d’assurages naturels Dans le rocher solide, les points d’assurages naturels sont les plus sûrs. Ils sont constitués de bloc, becquet, fissure, colonnette, lunule, éventuellement arbuste. Il faut bien examiner le point d’assurage avant de l’utiliser pour s’assurer de sa solidité. Les arêtes tranchantes seront émoussées à coup de marteau ou de piolet pour éviter qu’elles n’endommagent le matériel. Il faut se souvenir que les cordes, cordelettes et sangles en matériaux synthétiques résistent mal à l’action d’éléments tranchants, tout comme elles résistent mal à l’échauffement. Pour utiliser les points d’appuis naturels, il faut avoir recours à un élément intermédiaire qui les relie à la corde par un mousqueton. Ce sera un anneau de corde, de cordelette ou de sangle. Ces anneaux, de tailles différentes, seront choisis en fonction des caractéristiques des points d’appui. En présence d’un becquet arrondi, par exemple, on utilisera plutôt une sangle car elle aura une meilleure adhérence. En revanche, dans le cas d’un point d’appui aux arêtes aiguës, il faudra employer un anneau de corde de 9 ou 10 mm afin de limiter les risques de cisaillement – les sangles ayant une résistance au cisaillement moindre que les cordes ou les cordelettes. En tout état de cause préférez les sangles plates aux sangles tubulaires. L’utilisation des anneaux sur becquet, qui est somme toute une pratique courante, exige de très sérieuses précautions pour éviter que l’anneau ne s’échappe du becquet par suite de la traction de la corde. Au relais, ce type d’assurage du premier de cordée par le second est à proscrire, car dès la pose du premier relais intermédiaire, il y a risque d’arrachage vers le haut en cas de chute de celui qui grimpe. De toute façon, tout relais principal nécessite l’utilisation de deux points d’assurage, et l’anneau sur becquet devra être lui-même sécurisé contre tout arrachage vers le haut. Très simple et rapide pour assurer le...

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Points d’assurages sur neige et glace

Posté par on Avr 5, 2013

Contrairement au rocher, il n’existe pratiquement pas de points d’assurages naturels sur neige et glace. Points d’assurages sur neige La neige n’étant pas un matériau très consistant, un piolet enfoncé verticalement dans une telle substance, plus ou moins molle, ne peut en aucun cas retenir directement un choc. L’utilisation d’un corps-mort enfoui dans la neige procure un encrage beaucoup plus sûr. Cela peut être un piolet, un sac à dos, une bûche, un sac rempli de neige, etc… Un autre moyen consiste à élaborer un champignon de neige. Installation d’un piolet comme corps-mort Creuser une tranchée horizontale de la taille du piolet ainsi qu’une tranchée plus étroite et moins profonde perpendiculaire à la première afin que l’ensemble forme un « T ». Fixer un anneau de sangle ou une cordelette (noeud de cabestan) au milieu du manche et placer le piolet horizontalement dans la tranchée du haut la sangle passant dans la jambe du « T ». Recouvrir le tout de neige et bien tasser. Ce système est toujours plus résistant qu’un piolet enfoncé verticalement. Se placer en aval du relais. Extrait du Syndicat National des Guides de Montagne. Champignon de neige Confectionner un champignon de neige prend du temps car il doit être fait avec soin. Bien tasser la neige. Creuser une tranchée circulaire qui sera plus profonde côté amont. Placer une protection puis la sangle ou la cordelette. Moins la neige est consistante plus grand sera le champignon (mais au minimum 150 cm de diamètre et 30 cm de hauteur). Lors d’un rappel, une grande longueur de cordelette ou de sangle sera abandonnée. Extrait du Syndicat National des Guides de Montagne. Pour assurer un premier de cordée en neige il convient de faire un assurage plus dynamique qu’en rocher ou glace. Le demi-cabestan est peu recommandé car il n’est pas assez dynamique en pareil circonstance. Il est préférable, par exemple, d’utiliser le 8 « huit »; et prévoir une plus grande réserve de corde de freinage. Points d’assurages sur glace Relais sur broche à glace Placer une broche à glace n’est pas compliqué. Dégager la surface de l’éventuelle couche de neige ou de glace de mauvaise qualité et enfoncer la broche en la vissant. Pour faciliter l’amorçage il suffit de pratiquer une encoche avec la pointe du piolet, délicatement. Plus la broche est longue, meilleure est sa tenue. Un relais est constitué de deux broches, distantes de 20 à 30 cm et décalées...

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L’auto-assurage

Posté par on Avr 5, 2013

Il n’y a pas de bon assurage sans auto-assurage. L’auto-assurage forme la base même de tout assurage. Celui qui assure s’attache toujours à deux points fixes situés au-dessus et en dessous du nœud d’encordement (plus ou moins à hauteur de tête et des genoux). Ces deux points d’assurages sont solidarisés par une sangle ou une cordelette. Le système de freinage est placé sur le baudrier. Quand le relais est déjà équipé – généralement deux points fixes reliés par une chaîne – celui qui assure s’attache aux deux points fixes et place le système d’assurage sur l’autre point fixe (jamais dans un des maillons de la chaîne). Dans leur ouvrage « Technique et tactique en escalade plaisir », Editions Filidor et Bergpunkt, Emanuel Wassermann et Michael Wicky illustrent et décrivent la méthode pour installer un auto-assurage. > Assurage du...

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L’assurage du grimpeur

Posté par on Avr 5, 2013

Celui qui assure étant lui-même auto-assuré, sa fonction est de stopper la chute éventuelle de celui qui grimpe. Pour ce faire, placer un mousqueton à vis sur l’un des deux points fixes (dans le cas de deux points fixes reliés entre eux dans le rocher), soit sur le baudrier dans tous les autres cas de figure. Le freinage sera assuré par un demi-noeud d’amarre (ou demi-cabestan) dans le mousqueton à vis en question. Concernant l’installation d’un relais dans le rocher et l’assurage de celui qui grimpe, les recommandations d’ Emanuel Wassermann et Michael Wicky extraites de l’ouvrage intitulé « Technique et tactique en escalade plaisir », fournissent des explications pertinentes. Afin de minimiser le choc sur la chaîne d’assurage, et donc sur le corps de celui qui tombe, un premier relais intermédiaire sera placé juste au-dessus du relais. Se référer au facteur de chute. Il faut cependant savoir que les cordes utilisées en montagne tendent à être de plus en plus fines et à présenter une surface résistante à l’eau. La capacité de ces cordes – surtout si elles sont neuves – à freiner une chute est moindre que celle des cordes plus grosses et non traitées. Les cordes étant très sensibles à la chaleur, due notamment au frottement, ne jamais mettre corde sur corde. Il est fortement conseillé de s’exercer à la pratique de l’assurage en école d’escalade avant d’entreprendre une course en montagne. > Le...

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Le relais

Posté par on Avr 5, 2013

Le relais doit être absolument sûr et, si possible, confortable car c’est aussi un moment de repos. S’arrêter avant d’être en bout de corde afin de conserver une distance de freinage suffisante en cas de chute (assurage dynamique). S’auto-assurer dès l’arrêt. Pour changer de point d’auto-assurage, d’abord s’assurer au second avant de quitter le premier. Ne jamais être en défaut d’assurage. Avaler le « mou » de la corde avant de faire le nœud d’assurage pour faire monter le compagnon.  Éviter de laisser pendre la corde sous le relais, la lover au fur et à mesure. Si la corde est utilisée pour un rappel, avant de la quitter, relier le baudrier à un point d’assurage avec une cordelette ou une sangle. Lorsque deux grimpeurs se retrouvent au relais, bien étudier les manœuvres de corde avant de les entreprendre, et personne à aucun moment ne se retrouvera non-assuré. Ne pas précipiter le départ du premier avant que la corde ne soit bien préparée (il peut être très dangereux d’arrêter le premier lors de sa progression pour défaire un nœud dans la corde !). > La chaîne...

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La chaîne d’assurage

Posté par on Avr 5, 2013

Une chaîne d’assurage est au minimum constituée par un point d’encrage, un mousqueton, une corde et le baudrier de celui qui est assuré. D’autres éléments, tels que sangles, cordelette, coinceurs, broches à glace etc…, peuvent faire partie d’une chaîne d’assurage. Il est important d’avoir toujours à l’esprit que… …la solidité d’une chaîne d’assurage est égale à son maillon le plus faible. Partant de cette constatation, un relais constitué de deux broches à glace, deux mousquetons et une cordelette de 4 mm de diamètre n’est qu’illusion. Le tableau ci-dessous donne une indication sur la résistance statique de quelques éléments d’une chaîne d’assurage. Résistances statiques comparées Plus d’information sur les sites UIAA et ENSA kN Kg Force maximale lors d’une chute en facteur 2 12 1220 Mousqueton, selon grand axe, doigt fermé 20 2040 Câble de coinceur 2 mm 2.5 250 Câble de coinceur 4 mm 9.8 1000 Sangle 2 bandes 10 1020 Sangle 4 bandes 20 2040 Cordelette 4 mm 3.2 325 Cordelette 7 mm 9.8 1000 Cordelette 8 mm 12.8 1305 Lunule 10 cm 6 – 7 610-715 Lunule 20 cm 12 1225 Broche à glace 9 – 11 915-1120 > Facteur de chute...

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Le facteur de chute

Posté par on Avr 5, 2013

Le danger ne vient pas de la chute elle-même mais de la force du choc lors de l’arrêt. Tout dépend du facteur de chute. La théorie Quand un corps chute il accumule de l’énergie. Quand la chute se termine, cette énergie accumulée – la force de choc – se réparti entre tous les éléments de la chaîne d’assurage. Donc, plus il y a d’éléments plus la force de choc sera répartie. Cependant, la corde étant dynamique, c’est elle qui va absorber la plus grande partie de la force de choc. Le facteur de chute est calculé en divisant la longueur de la chute par la longueur de la corde déployée entre celui qui assure et celui qui tombe. Exemple 1 Curieusement, le premier relais intermédiaire est situé à 5 mètres au-dessus du relais principal. Je pars quand même. Manque de chance, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné ma dégaine. Dans cet exemple, je tombe de 10 mètres alors que la longueur de la corde déployée n’est que de 5 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 10 / 5 = 2 …ET LE CHOC EST MAXIMAL (SOIT L’EQUIVALENT DE QUELQUES 12 kN). Exemple 1bis Je grimpe dans les règles de l’art et je place un premier point de renvoi à 2.5 mètres au-dessus du relais. Comme dans l’exemple 1, je lâche prise juste avant d’avoir mousquetonné le relais intermédiaire des 2.5 mètres. Dans ce cas, je ne tombe que de 5 mètres pour une longueur de corde déployée de 5 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 5 / 5 = 1 …ET LE CHOC EST 2 FOIS MOINDRE ! Exemple 2 Les relais intermédiaires sont tous à 5 mètres les uns au-dessus des autres. Tout va bien pour moi. Je suis à 30 mètres au-dessus du relais et je lâche encore prise juste avant d’avoir mousquetonné. Je tombe à nouveau de 10 mètres mais cette fois la longueur de la corde déployée est de 30 mètres: FACTEUR DE CHUTE = 10 / 30 = 0.33 …ET LE CHOC, EN THEORIE, EST 6 FOIS MOINDRE QUE DANS L’EXEMPLE 1.    En théorie seulement, car en pratique c’est différent. En pratique Dans le terrain, le frottement de la corde dans les mousquetons et sur le rocher a pour effet de diminuer la longueur de corde efficace pour l’absorption du choc. Cela équivaut à augmenter le facteur de chute théorique. Concrètement, un facteur...

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