Lunule pour rappel

Comment fabriquer une lunule pour descendre une paroi en glace

How to make a naked A-thread rappel anchor for descending from an ice route

Points d’assurages sur neige et glace

Points d’assurages sur neige et glace

Contrairement au rocher,
il n’existe pratiquement pas de points d’assurages naturels sur neige et glace

Points d’assurages sur neige

La neige n’étant pas un matériau très consistant, un piolet enfoncé verticalement dans une telle substance, plus ou moins molle, ne peut en aucun cas retenir directement un choc.

L’utilisation d’un corps-mort enfoui dans la neige procure un encrage beaucoup plus sûr. Cela peut être un piolet, un sac à dos, une bûche, un sac rempli de neige, etc… Un autre moyen consiste à élaborer un champignon de neige.

Installation d’un piolet comme corps-mort

Creuser une tranchée horizontale de la taille du piolet ainsi qu’une tranchée plus étroite et moins profonde perpendiculaire à la première afin que l’ensemble forme un « T ». Fixer un anneau de sangle ou une cordelette (noeud de cabestan) au milieu du manche et placer le piolet horizontalement dans la tranchée du haut la sangle passant dans la jambe du « T ». Recouvrir le tout de neige et bien tasser. Ce système est toujours plus résistant qu’un piolet enfoncé verticalement. Se placer en aval du relais.
Extrait du Syndicat National des Guides de Montagne.

Champignon de neige

Confectionner un champignon de neige prend du temps car il doit être fait avec soin.
Bien tasser la neige. Creuser une tranchée circulaire qui sera plus profonde côté amont. Placer une protection puis la sangle ou la cordelette. Moins la neige est consistante plus grand sera le champignon (mais au minimum 150 cm de diamètre et 30 cm de hauteur). Lors d’un rappel, une grande longueur de cordelette ou de sangle sera abandonnée.
Extrait du Syndicat National des Guides de Montagne.

Pour assurer un premier de cordée en neige il convient de faire un assurage plus dynamique qu’en rocher ou glace.

Le demi-cabestan est peu recommandé car il n’est pas assez dynamique en pareil circonstance. Il est préférable, par exemple, d’utiliser le 8 « huit »; et prévoir une plus grande réserve de corde de freinage.

Points d’assurages sur glace

Relais sur broche à glace

Placer une broche à glace n’est pas compliqué. Dégager la surface de l’éventuelle couche de neige ou de glace de mauvaise qualité et enfoncer la broche en la vissant. Pour faciliter l’amorçage il suffit de pratiquer une encoche avec la pointe du piolet, délicatement. Plus la broche est longue, meilleure est sa tenue.

Un relais est constitué de deux broches, distantes de 20 à 30 cm et décalées dans le plan vertical pour éviter que toutes les deux ne se trouvent malencontreusement dans une même fissure horizontale invisible à l’oeil.

Une fois installées les broches seront recouvertes de neige ou de glace pour éviter que la chaleur extérieure ne se propage le long du métal et ne vienne fragiliser le couple broche-glace. Utiliser une grande sangle (à défaut une cordelette de 8 m/m) pour relier les broches entre elles.

Pour ce faire, fixer un mousqueton dans chaque broche et passer la sangle (cordelette) dans les mousquetons. Dans le cas d’une sangle non cousue (ou d’une cordelette) passer celle-ci directement dans l’oeillet des broches et nouer la sangle avec un noeud de sangle (noeud de pêcheur double pour une cordelette).

Il est important que la sangle (cordelette) puisse coulisser librement au niveau des broches. Si tel est le cas, la force de traction sera également répartie entre chaque point d’amarrage quelle que soit la direction de la traction. Placer un mousqueton à vis sur les deux brins de la sangle (cordelette) de telle sorte que celle-ci prenne la forme d’un « V ».

ATTENTION cependant. Si l’une des broches vient à lâcher, le mousqueton va glisser le long de la sangle (cordelette) et de la broche libre est s’en est fini de l’assurage.

Pour éviter que le mousqueton ne s’en aille, et vous avec, il faut impérativement faire une boucle sur l’une des deux parties de la sangle (cordelette), simplement en croisant le brin.

On peut également faire un noeud avec les deux brins de la sangle (cordelette). Le mousqueton sera placé dans la petite boucle. Ce système est encore plus sûr, mais on ne bénéficie plus de la répartition automatique de la force de traction !

Une séquence vidéo de TVMountain, en partenariat avec Millet, explique toute la procédure en images.

Lunule

Ce système permet de confectionner un ancrage en creusant un petit tunnel dans la glace à l’aide d’une broche. On y passe une cordelette de 7 – 8 mm de diamètre que l’on noue avec un double noeud de pêcheur. Lors d’un rappel, par exemple, seule la cordelette sera abandonnée.
Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir une broche à glace, et un crochet spécial en vente dans le commerce.
Extrait du site Forum Mont-Blanc, Chamonix (photo de Jérôme).

Faire un premier trou à l’aide de la broche, faisant un angle d’environ 60 degrés avec la surface. Placer le crochet dans le trou pour visualiser l’angle que doit faire le deuxième trou, symétrique, qui doit rejoindre le premier.
Image Petzl.

Faire passer la cordelette dans l’un des trous en la tordant sur elle-même et à l’aide du crochet tirer sur celle-ci pour la faire ressortir par l’autre trou. Nouer les deux bouts à l’aide d’un noeud de pêcheur.
Si « a » fait 10 cm la lunule peut résister à environ 6 kN soit 610 kg en bonne glace.

Image Petzl.

Cas particuliers

Cas particuliers

Coupe glacier

Schéma avalanche-net

 

Rimayes

Rimaye_1Photo skitour

Ce sont des crevasses qui se forment au pied des parois rocheuses ou des couloirs de glace, lorsqu’il y a un brusque changement dans l’inclinaison de la pente.

En début de saison, elles sont souvent partiellement bouchées par des restes de coulée de neige provenant des pentes supérieures. Pour les franchir, prendre les mêmes précautions que dans le cas des crevasses.

En fin de saison, elles sont beaucoup plus ouvertes et présentent souvent une dénivellation importante entre la lèvre inférieure et la lèvre supérieure. Elles deviennent alors beaucoup plus difficiles à négocier. Si la neige est molle et instable il ne faut pas hésiter à enfoncer les bras le plus profondément possible. Parfois il est nécessaire de pratiquer la courte-échelle. Dans des cas extrêmes, le grimpeur est parfois amené à utiliser des techniques de progression artificielle.

L’endroit où se franchit la rimaye doit être choisi avec soin. Il faut tenir compte non seulement de sa difficulté mais aussi de son exposition aux chutes de pierres ou de glace.

Pour cette raison, il est bon d’aller repérer le meilleur passage la veille de la course et, si besoin est, de l’équiper.

A la descente, les précautions à prendre sont à peu près les mêmes qu’à la montée. Si la rimaye est ouverte, il faut la sauter en étant très souple à la réception. Si elle est trop haute, il faut poser un rappel.

Séracs

Sérac_1Photo hebdo.ch

Un sérac est un bloc de glace de grande taille formé par la fracturation (dépassement du seuil de plasticité de la glace) d’un glacier. Etant donné que les glaciers « coulent » continuellement, des pans de séracs peuvent s’écrouler de façon soudaine et imprévisible à n’importe quel moment.

Traverser une zone de sérac est extrêmement dangereux pour les montagnards. On parle de risque objectif. Chaque année, les chutes de séracs sont  à l’origine de nombreux accidents.

Crevasse ouverte

Si elle est en glace, on saute à l’endroit où elle est la plus étroite, mais aussi à l’endroit où les aires d’élan et de réception sont les meilleures.

Si elle est en neige, se déplacer latéralement pour voir si les lèvres de la crevasse sont surplombantes, puis, bien assuré, avancer jusqu’au bord en tassant la neige sous les pieds. Si la crevasse n’est pas trop large, sauter du bord, sinon revenir quelques pas en arrière pour prendre son élan.

Tenir le piolet légèrement en avant et de côté, être souple à la réception. Si l’on juge que la réception est délicate enlever les crampons.

Crevasse couverte et pont de neige

Il faut apprendre à deviner les crevasses couvertes, ce sont les plus dangereuses. Au printemps ou en été, elles sont décelables par l’aspect de la neige qui les recouvre: celle-ci est mate, sa surface est légèrement incurvée et parfois parcourue de petites fentes.

Dans la mesure du possible, contourner la crevasse. Si cela n’est pas possible, utiliser un pont de neige pour la franchir. Bien assuré par le second, le premier de cordée avance avec prudence, sans à coups, en sondant la neige avec son piolet.

En cas d’effondrement, se jeter vivement en avant ou en arrière de tout son long, sans lâcher le piolet. Si le pont paraît fragile, passer « à quatre pattes », ou même en rampant, afin de répartir le poids du corps sur une plus grande surface.

Pont-de-neige_1

Photo skitour

Les ponts de neige sont particulièrement dangereux aux premières neiges et en cas de redoux.

 

Corniches

CornicheElles se forment sur les arêtes, du côté opposé au vent et surplombent le vide. Leur taille est variable, mais il arrive qu’elles avancent de plus de 20 mètres sur le vide. Il est impossible d’estimer leur solidité. Il est donc dangereux de progresser sous des corniches ou de s’avancer jusqu’à dominer le vide.
La zone de progression la plus sûre se trouve en contrebas.
Extrait de avalanche-net.

Arêtes de neige

Lorsqu’elles sont en bonne neige et sans corniches, les arêtes ne présentent pas de danger particulier. Les grimpeurs progressent ensemble, en suivant le fil (l’encordement est très court). Si un membre de la cordée tombe d’un côté, l’autre doit sauter du côté opposé de l’arête; c’est le seul moyen de s’en sortir.

Lorsque l’arête est aiguë, le grimpeur progresse en se tenant à califourchon sur l’arête. Ce moyen, s’il n’est pas rapide et, en revanche, très sûr.

Lorsque l’arête est fragile parce qu’elle est en neige instable et/ou bordée d’une corniche, la progression se fait en contrebas en utilisant les techniques de cramponnage en traversée. Dans ce cas, l’assurage est plus délicat. En revanche, si chaque grimpeur a la possibilité de progresser sur le versant opposé, l’assurage est alors automatiquement réalisé.

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Utilisation des crampons

Les crampons sont fréquemment utilisés sur toute pente de neige dure et de glace, sur glacier non recouvert de neige, sur rochers verglacés et peuvent même parfois être d’un grand secours sur des pentes raides de terre nue ou recouverte d’herbe humide.

Fixation des crampons

La fixation des campons se fait souvent de nuit; c’est pourquoi il faut s’entraîner à l’avance. Les crampons doivent être parfaitement adaptés aux chaussures; attention donc si vous avez changé les uns ou les autres.

Il est inutile de vouloir présenter le crampon sous la chaussure; c’est le pied qui doit venir se loger sur le crampon posé à plat par terre, toutes boucles dehors.

Penser à mettre le baudrier avant les crampons, surtout si le cuissard est enfilé par les pieds.

Dans le cas des crampons à lanières, il importe de serrer convenablement celles-ci; ni trop serrées pour ne pas risquer de couper la circulation du sang et provoquer des gelures, ni trop lâches pour éviter que le crampon ne tourne et se détache de la chaussure.

Cramponnage (marche en crampons)

Au début, il est important de s’astreindre à marcher les pieds et les jambes légèrement écartés pour éviter d’accrocher les guêtres ou le pantalon avec les pointes des crampons.

Les pointes doivent pénétrer verticalement dans la neige; ne pas traîner les pieds et ne pas courir.

Il existe deux techniques très différentes, opposées dans le principe mais en fait complémentaires selon la nature du terrain et aussi pour alterner la fatigue musculaire. La technique dite « française » ou « toutes pointes » et la technique « pointes avant ».

La technique « française »…

…du cramponnage ressemble fortement à l’escalade de dalles de rocher par simple adhérence de la semelle.

Imaginez que vous gravissez une dalle lisse dont la pente s’accentue peu à peu. Les étapes de la progression seront les suivantes:

  1. montez en ligne droite,
  2. écartez les pieds, en les ouvrant suivant un angle de 90 degrés environ,
  3. progressez obliquement, la main amont appuyée contre la paroi pour maintenir le corps en équilibre et écarté de la paroi,
  4. orientez les pieds vers l’aval et tournez progressivement le corps vers l’extérieur, jusqu’à ce que vous tourniez presque le dos à la paroi,
  5. finalement, il vous faudra faire face au rocher et utiliser les petites prises avec la pointe des chaussures – vous vous retrouvez ainsi dans la position du cramponnage « pointes avant ».

Lors des quatre premières phases, les pieds reposent à plat sur la surface d’appui.

Cette technique est utilisée pour monter, descendre ou traverser des pentes qui peuvent être relativement raides, tout dépend des possibilités de flexion des chevilles. Pour faciliter la flexion, évitez de lacer les chaussures jusqu’en haut de la tige.

Sur pente faible (jusqu’à 25 degrés)

En montée directe: pieds en position normale, plus ou moins ouverts selon la pente.

En montée oblique et en traversée: pied amont presque horizontal, pointe du pied aval légèrement tournée vers le bas.

A la descente: pieds légèrement ouverts.

Position du piolet: piolet-canne.

Sur pente moyenne (de 25 à 40 degrés)

En montée directe ou oblique et en traversée: pied amont horizontal, pointe du pied aval tournée vers le bas.

A la descente: pieds ouverts, genoux pliés, buste penché en avant.

Position du piolet: piolet-canne dans la plupart des cas, mais aussi piolet-ramasse, piolet-appui ou piolet-manche.

 

Lorsque la pente devient trop forte pour les capacités du grimpeur et/ou les conditions de neige et de glace deviennent trop mauvaises, il vaut mieux monter ou descendre en utilisant uniquement les pointes antérieures des crampons (technique « pointes avant »).

La technique des « pointes avant »…

…qui consiste à planter les pointes avant des crampons dans la neige (ou la glace) pour progresser, permet de s’élever selon la ligne de la plus grande pente, tout en ménageant ses chevilles.

Cette façon de monter est plus naturelle que celle des pieds à plat. Elle est aussi plus rapide, car la distance à parcourir est moindre. Elle demande cependant une certaine vigueur des muscles de la cheville et du mollet.

Bien apprise et exercée, cette technique permet d’escalader des murs de neige/glace très raides.

A la montée comme à la descente: le montagnard s’élève ou descend directement face à la pente. Le pied prend uniquement appui sur les pointes frontales. Les pointes sont enfoncées d’un seul coup et les talons sont maintenus en position basse (comme dans l’escalade rocheuse).

Le piolet peut être utilisé selon plusieurs techniques: piolet-traction, piolet-appui ou combinaison des deux si l’on dispose de deux piolets.

Prudence

Bottage des crampons

L’accumulation de neige sous les crampons peut former des sabots qui empêchent les pointes de pénétrer dans la neige et entraînent des risques sérieux de chute.

Le bottage se produit surtout en neige profonde humide, neige fraîche réchauffée par le soleil, ou neige gros sel. Conditions rencontrées fréquemment lors de la descente.

Pour détacher les sabots de neige, on frappe le rebord extérieur de chaque crampon avec l’extrémité du piolet. Avec de l’habitude, le débottage se fait dans la foulée, en frappant alternativement chaque crampon à chaque pas.

En principe, tous les crampons du commerce sont aujourd’hui équipés de semelles anti-bottage.

Portage du matériel

Pour éviter toute gêne et tout risque de blessure, il faut faire attention de ne pas avoir autour du buste des anneaux de corde ou des sangles trop longs. On évitera aussi de fixer des anneaux aux bretelles du sac car les pointes arrières des crampons peuvent s’y accrocher et provoquer la chute.

Les vis à glace seront fixées sur le côté ou à l’arrière du corps, jamais devant, car en cas de chute elles pourraient provoquer des blessures au bas-ventre ou aux cuisses.

Progression

Évitez de progresser les uns derrière les autres pour ne pas se faire faucher par la chute éventuelle de celui qui grimpe au-dessus.

Cela est d’autant plus vrai lorsque plusieurs cordées sont engagées dans la même voie. L’accident survenu à la Tour Ronde illustre parfaitement ce propos. La cordée de tête a dévissé et a entraîné dans sa chute toutes les cordées qui progressaient dans le même axe, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés.

Utilisation du piolet

Utilisation du piolet

Le piolet sert, à tailler les marches, comme moyen de sondage pour déceler les crevasses cachées, comme moyen d’assurage, mais d’abord et surtout comme point d’appui pendant la progression, l’escalade glacière, pour arrêter une glissade, et… pour le fun des descentes en ramasse (ou glissades sur les semelles).

Tenue du piolet

Une des premières questions que se pose le débutant est: comment tenir mon piolet

La réponse de Yvon Chouinard, glaciairiste éminent, est la suivante:

« Tenez toujours le piolet la pointe en avant, loin du corps, … la paume de la main prend appui sur la panne, le pouce repose sur l’œilleton, et l’index est allongé le long de la pointe. Lorsque le piolet est tenu correctement, la pointe s’aligne directement sur le bras tendu. »

A la descente, certains guides préconisent de tenir le piolet pointe en arrière. La raison invoquée est, que lors d’une chute vers l’arrière, la pointe du piolet vient naturellement se planter dans la neige, avec le double avantage de diminuer les risques de blessure et d’avoir le piolet en bonne position pour freiner la glissade.

Malheureusement l’inverse est vrai lors d’une chute vers l’avant.

On peut cependant affirmer que les chutes sur les fesses ou le dos sont beaucoup plus fréquentes, surtout chez le débutant qui a tendance à ne pas se pencher suffisamment en avant lors de la descente.

Piolet – 3ème point d’appui !

Bien utilisé, le piolet est un remarquable outil de progression et de sécurité. On distingue six façons principales d’utiliser le piolet.

Piolet-canne (montée)

Le grimpeur tient le piolet de façon à prendre appui sur lui, c’est l’utilisation la plus courante du piolet.

Piolet-canne (descente)

A la descente, le piolet est tenu de façon à ce que le pic soit dirigé vers l’arrière.

Dans un article qui m’a paru intéressant, Yves Saliba décrit la façon de tenir le piolet lorsqu’il est utilisé comme canne.

Piolet-ramasse

Le piolet est tenu à deux mains, à peu près horizontalement devant soi, la pointe plantée dans la neige, le pic dirigée vers l’avant. La main la plus éloignée de la pente coiffe la tête du piolet, paume reposant sur la panne. Cette main exerce une traction vers le haut. L’autre main saisit le manche du piolet à proximité de la pointe tout en exerçant un appui.

La technique du piolet-ramasse est fréquemment utilisée à la montée ou à la descente en biais, et lors de la traversée de pentes raides.

Piolet-ancre

Le piolet peut être planté au-dessus de soi, à bout de bras; l’ancrage se fait alors en tenant le manche d’une seule main près de la douille. Pour s’élever, on exerce une traction sur le manche du piolet – technique dite du « piolet-traction ». Le piolet peut également être planté à deux mains, au niveau des hanches , est être utilisé en appui. Le piolet-ancre est utilisé sur les pentes fortes et très fortes, à la montée, en traversée et à la descente.

Piolet-rampe (utilisé à la descente)

Le montagnard face au vide, plante le pic du piolet au niveau des pieds. Le piolet est tenu d’une seule main.

Pendant que le montagnard descend, la main coulisse le long du manche en exerçant une force vers le haut, arrivée aux frettes elle retire le piolet.

 

Piolet-appui

le piolet est tenu d’une seule main par la panne ou le manche. Si la main repose sur la panne – technique du « piolet-panne » – le piolet prend appui sur la pente par la pointe et le pic en même temps. Cette technique peut être utilisée à la montée, et à la descente face à la pente.

Au lieu de prendre appui sur la panne, la main peu aussi prendre appui sur le manche. Si la main tient le manche par son extrémité, seule le pic mord dans la neige – technique utilisée en descente face à la pente (similaire au piolet-rampe) .

Piolet-manche

le piolet, généralement tenu à deux mains pour plus de force, est planté verticalement devant soi, le plus profondément possible dans la neige. La traction doit s’exercer près de la neige. Cette technique est utilisée dans les pentes fortes et très fortes et les passages de rimayes, en neige dure mais surtout profonde

Taille des marches

L’usage des crampons a relégué la fastidieuse corvée de la taille des marches aux oubliettes. Il arrive cependant que l’on se trouve parfois sans crampons sur une neige trop dure ou sur de la glace, ou bien que l’on se heurte à un passage raide dans une course facile. On utilise alors le piolet pour tailler les quelques marches qui permettront de poursuivre en toute sécurité.

Avant de commencer à tailler, bien observer le terrain afin de déterminer ses points faibles et forcer le passage avec le minimum de marches. Assurer son équilibre pour pouvoir tailler avec précision et un nombre minimal de coups de piolet.

On taille en utilisant le pic et la panne du piolet. Celui-ci est tenu de préférence à deux mains près de la douille.

Si la pente est raide, on taille d’une main (la main aval), l’autre main étant appuyée contre la pente ou se tenant à une prise préalablement taillée dans la glace.

Sur pente très raide, il est parfois agréable d’appuyer la jambe et le genou amont contre la pente pour maintenir l’équilibre.

Il faut savoir que la précision des coups est plus importante que la force. Il faut s’exercer à tailler aussi bien de la main droite que de la main gauche. A la descente, les marches seront plus proches les unes des autres qu’à la montée.

En neige très dure on aura souvent avantage à tailler des encoches pour la semelle « dans la foulée », c’est à dire au rythme de la marche. L’avantage de cette méthode est double: rapidité et moindre effort.

Le piolet est tenu d’une seule main; on fait décrire à la tête du piolet un mouvement de pendule de sorte que la panne vienne attaquer la neige presque tangentiellement, un coup de piolet suffit pour tailler une encoche. En synchronisant le mouvement du bras avec celui de la marche, on peut ainsi tailler une petite marche juste devant le pied qui va s’y placer.

Piolet-frein …ou comment arrêter une glissade

Les techniques décrites ici sont celles qui permettent au montagnard d’arrêter lui-même une glissade involontaire, sans intervention de la corde (ou freiner une glissade pour réduire le choc sur la corde). Il y a quatre principes à observer:

  1. éviter les gestes désordonnés, rester calme et lucide,
  2. agir vite pour ne pas prendre trop de vitesse,
  3. avant tout essai de freinage, placer et maintenir le corps dans une position normale: tête vers le haut et pieds vers le bas,
  4. avec les crampons, maintenir les pieds soulevés pour qu’ils n’accrochent pas la neige.

En neige molle

Commencer par maintenir le piolet bien dégagé du corps, en le tenant par le manche puis se placer sur le dos et se redresser brusquement en prenant appui sur les talons; courir dans la pente en ralentissant progressivement.

En neige dure

Le freinage se fait avec le piolet. Positionner rapidement le corps de telle sorte que la tête soit côté amont et les pieds côté aval. Une fois en bonne position, se placer sur le côté et planter le pic du piolet dans la neige à hauteur de l’épaule. Se freiner progressivement à l’aide du pic, une main toujours sur le manche, l’autre exerçant une pression sur la tête du piolet (voir la vidéo).

Sur glace ou neige très dure

La glissade est presque impossible à enrayer. Il faut néanmoins s’efforcer de freiner la glissade au maximum pour que le choc sur la corde soit le moins violent possible.

Arrêter une glissade sur la neige n’est pas chose aisée, surtout lorsque le poids du sac entraîne le corps tête vers le bas. La rapidité d’exécution nécessite des réflexes qui ne peuvent s’acquérir que par la pratique. Pour cela, choisir une pente suffisamment raide mais pas trop longue, se terminant par un replat, et s’exercer à stopper les glissades provoquées par différents types de chutes.

Le piolet m’accompagne partout.
En haute et moyenne montagne il fait souvent sourire les « alpinistes » en shorts et baskets. Qu’importe, il m’a souvent rendu service; même sur des pentes de terre ou en herbe.