Objectif Montagne

Initiation à l'alpinisme et conseils pour pratiquer la montagne en toute sécurité

Ce que vous apprendrez dans ces pages:

  • Que le montagnard doit apprécier correctement ses possibilités physiques et morales.
  • Qu’il ne faut jamais partir seul, et qu’il est primordial d’informer ceux qui « restent en bas » sur le but de la course.
  • Que l’alpinisme ne s’invente pas, ni ne s’apprend dans les livres. Il s’apprend jour après jour, course après course.
  • Qu’il n’est pas déshonorant de faire demi-tour si les conditions ne sont pas favorables.
  • Qu’une attention de tous les instants est requise sachant qu’en montagne c’est toujours l’inattendu qui arrive.
  • Qu’en montagne la ligne droite est rarement le chemin le plus court d’un point à un autre.
  • Que l’ignorance et la vanité sont impardonnables.
  • Que des notions de secourisme peuvent sauver des vies.

Avant-propos

Posté par on Fév 21, 2013

Prétendre que l’alpinisme n’est pas dangereux serait manquer d’honnêteté intellectuelle; y voir la source de tous les dangers serait se priver d’une activité enrichissante. J’aime à ce propos mentionner que les risques me semblent beaucoup plus importants sur la route, que ceux que je prends lors de la course elle-même. Cependant, les plus grands dangers que court le montagnard ne sont pas dans la montagne; ils sont en lui. Ce sont l’ignorance, l’irréflexion et la présomption. Dans un accident, la part de la fatalité est infime comparée à la grande part de responsabilité de la victime elle-même. L’usage a consacré une classification des dangers en deux catégories: les dangers objectifs et les dangers subjectifs. Les premiers sont inhérents à la nature de la montagne et au temps; ils ne peuvent être que réduits. Les seconds, relèvent du montagnard lui-même et de ce fait devraient, et peuvent généralement être évités. Si malgré tout un accident arrive, que faire ? > Les dangers...

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Les dangers objectifs

Posté par on Fév 22, 2013

Les chutes de pierres Les chutes de glace Les avalanches Crevasses, ponts de neige Les phénomènes atmosphériques Les chutes de pierres C’est le danger le plus grave auquel est exposé le montagnard car la trajectoire des pierres est absolument imprévisible. Les chutes de pierres sont en général provoquées par le dégel; elles se produisent donc le plus souvent lorsque le soleil commence à faire fondre la glace qui scelle les blocs. Les animaux et les hommes peuvent aussi déclencher des chutes de pierres. Les chutes de glace (séracs, corniches) Le danger de chute de séracs s’accentue avec l’élévation de la température. Cependant, des chutes de séracs peuvent se produire aussi à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, engendrées par la poussée du glacier. Le danger que représentent les corniches est double. Elles menacent les pentes qu’elles dominent et peuvent à tout moment les balayer en avalanche. Elles peuvent aussi s’effondrer sous le poids du montagnard qui se serait aventuré sur ce balcon de neige. La ligne de rupture d’une corniche est difficile à évaluer. Les avalanches Ce phénomène n’est pas réservé à l’hiver ou au printemps. En été aussi il se produit des avalanches, souvent sous la forme de coulées de neige sur les pentes exposées au soleil. Mais le piège le plus insidieux et le plus difficile à déceler est constitué par les plaques à vent. Une grande prudence s’impose dans une course de neige après une période de mauvais temps, surtout si les chutes de neige ont été accompagnées de vent. Lors de la planification d’une course il serait judicieux de consulter le site du CAS sur les avalanches. Le SLF donne également des informations pertinentes sur la neige et les avalanches. Crevasses, ponts de neige Ce sont les crevasses recouvertes et les ponts de neige qui sont les plus dangereux. En fait, tout glacier recouvert de neige est dangereux. La règle est de ne jamais circuler sur un glacier sans être encordé. Il convient également de se méfier des résidus d’avalanche qui recouvrent un torrent. Louis Lachenal (1921-1955), membre de la compagnie des guides de Chamonix, premier vainqueur de l’Annapurna, est décédé suite à une chute dans un torrent recouvert de neige. Les phénomènes atmosphériques Les manifestations atmosphériques sont à l’origine des plus grandes tragédies alpines. Ces phénomènes sont: Le vent Le froid Le brouillard La neige La pluie Le verglas L’orage et...

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Les dangers subjectifs

Posté par on Fév 23, 2013

Les dangers subjectifs Les dangers subjectifs relèvent de l’alpiniste lui-même et/ou de la composition de la cordée: Incapacité physique Impréparation morale Lacunes intellectuelles et techniques Equipement inadéquat Mauvaise appréciation des conditions Danger confondu avec difficulté Cordée non homogène Incapacité et impréparation physique Le montagnard doit bien connaître ses possibilités physiques ainsi que ses limites. Force et résistance s’acquièrent par l’entraînement; la connaissance de ses limites par l’expérience. La résistance est mise à contribution non seulement par la durée de la course mais aussi, et surtout, par des circonstances particulières telles que l’altitude et le mauvais temps. S’engager dans une course de haute montagne sans une préparation physique appropriée, c’est mettre sa vie et celle de ses compagnons en danger. Impréparation morale La carence des ressources morales peut, dans bien des cas, être plus grave que la défaillance des ressources physiques. La peur, qui entraîne des réactions souvent imprévisibles et toujours dangereuses, est due à l’ignorance de soi et de la montagne. Là aussi, l’expérience est la meilleure garantie de réactions saines et efficaces devant des difficultés ou en cas d’accident. La montagne est impitoyable avec les irréfléchis, les étourdis, les vaniteux et les téméraires. En toute circonstance, cependant, le montagnard doit faire preuve de bon sens. Lacunes intellectuelles et techniques Les lacunes intellectuelles et techniques constituent une source importante de dangers. Le montagnard doit être capable de préparer sa course correctement et avoir le bagage technique pour la mener à bien en toute sécurité. Préparer une course c’est savoir lire un guide et interpréter correctement les informations, c’est être capable de préparer l’itinéraire en utilisant la carte, c’est connaître la météo, etc. Être techniquement apte à évoluer dans le terrain, c’est savoir s’orienter, c’est connaître les rudiments de l’escalade rocheuse et glacière, c’est savoir utiliser correctement le matériel. Équipement inadéquat Une lacune dans l’équipement et le matériel, un manque d’entretien sont des sources d’accident. Le montagnard sera avisé de prendre soin de son matériel, de ne pas s’encombrer de superflu mais de s’assurer l’indispensable. Mauvaise appréciation des conditions Sous-estimer les difficultés d’une course… ou sur-estimer ses propres capacités; manque d’informations; mauvaise interprétation des prévisions météo; départ trop tardif. Autant de facteurs pouvant transformer une course en calvaire. Danger confondu avec difficulté Une ascension peut être difficile, voire très difficile, sans être pour autant dangereuse. Une course peu difficile, voire même facile, peut être périlleuse. Ainsi, une escalade verticale dans...

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Que faire en cas d’accident

Posté par on Fév 24, 2013

On applique les principes généraux du secourisme dispensés par l’ Alliance suisse des samaritains et on organise l’évacuation du blessé. Premières mesures Ou premiers PAS: Protéger, Alerter, Secourir. Prendre soi-même toutes les précautions nécessaires pour éviter un second accidenté. Mettre le blessé à l’abri d’un nouvel accident. Le manipuler avec précaution car il peut être touché à la colonne vertébrale. Arrêter l’hémorragie si besoin est. Le couvrir, car il est en état de choc. Le rassurer, car sa survie dépendra beaucoup du moral qu’il conservera. Organisation des secours Si l’on dispose de matériels de communication opérationnels (radio, téléphone…) les secours seront demandés par voie hertziènes, sinon il faudra aller les chercher… ou les attendre. Appeler les secours Aller chercher les secours Attendre les secours Les informations à communiquer Appeler les secours Le téléphone portable est très pratique pour appeler les secours. Le problème est que la couverture en zones montagneuses est loin d’être parfaite. En de nombreux endroits le téléphone ne captera pas de signal. Il y a également des différences de couverture selon les opérateurs. En Suisse, hors Valais Les secours en montagne sont effectués par la REGA dont le numéro d’alarme est le 1414. En Valais C’est l’OCVS qui organise les secours. Le numéro d’appel d’urgence sanitaire est le 144. Les possesseurs de la carte de sauvetage Air-Glaciers peuvent demander les secours en composant le 1415. En France Le 15 pour une urgence médicale (SAMU), le 17 (Brigade de Gendarmerie locale), le 04 50 53 16 89 (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Chamonix). En Europe Le numéro d’alarme général est le 112. C’est le numéro qui aura le plus de chance de « passer ». En montagne, beaucoup de zones ne sont pas couvertes et certaines ne sont couvertes que par un opérateur. Or le 112 passera même si le relais déclenché n’est pas celui de votre opérateur. Deuxième avantage : dans la panique ou si vous passez l’alerte avec un téléphone qui n’est pas le vôtre, vous pouvez taper 112 à la place du code pin et vous serez mis en relation avec le CTA (Centre de Traitement de l’Alerte). Le 112 peut être utilisé aussi en Suisse (l’appel est alors dévié sur la centrale régionale de la police: 117). SOS C’est l’interprétation en code Morse du signal de détresse et de demande d’assistance immédiate. Ce signal est constitué de trois points, trois traits et trois...

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