Utilisation des crampons

Les crampons sont fréquemment utilisés sur toute pente de neige dure et de glace, sur glacier non recouvert de neige, sur rochers verglacés et peuvent même parfois être d’un grand secours sur des pentes raides de terre nue ou recouverte d’herbe humide.

Fixation des crampons

La fixation des campons se fait souvent de nuit; c’est pourquoi il faut s’entraîner à l’avance. Les crampons doivent être parfaitement adaptés aux chaussures; attention donc si vous avez changé les uns ou les autres.

Il est inutile de vouloir présenter le crampon sous la chaussure; c’est le pied qui doit venir se loger sur le crampon posé à plat par terre, toutes boucles dehors.

Penser à mettre le baudrier avant les crampons, surtout si le cuissard est enfilé par les pieds.

Dans le cas des crampons à lanières, il importe de serrer convenablement celles-ci; ni trop serrées pour ne pas risquer de couper la circulation du sang et provoquer des gelures, ni trop lâches pour éviter que le crampon ne tourne et se détache de la chaussure.

Cramponnage (marche en crampons)

Au début, il est important de s’astreindre à marcher les pieds et les jambes légèrement écartés pour éviter d’accrocher les guêtres ou le pantalon avec les pointes des crampons.

Les pointes doivent pénétrer verticalement dans la neige; ne pas traîner les pieds et ne pas courir.

Il existe deux techniques très différentes, opposées dans le principe mais en fait complémentaires selon la nature du terrain et aussi pour alterner la fatigue musculaire. La technique dite « française » ou « toutes pointes » et la technique « pointes avant ».

La technique « française »…

…du cramponnage ressemble fortement à l’escalade de dalles de rocher par simple adhérence de la semelle.

Imaginez que vous gravissez une dalle lisse dont la pente s’accentue peu à peu. Les étapes de la progression seront les suivantes:

  1. montez en ligne droite,
  2. écartez les pieds, en les ouvrant suivant un angle de 90 degrés environ,
  3. progressez obliquement, la main amont appuyée contre la paroi pour maintenir le corps en équilibre et écarté de la paroi,
  4. orientez les pieds vers l’aval et tournez progressivement le corps vers l’extérieur, jusqu’à ce que vous tourniez presque le dos à la paroi,
  5. finalement, il vous faudra faire face au rocher et utiliser les petites prises avec la pointe des chaussures – vous vous retrouvez ainsi dans la position du cramponnage « pointes avant ».

Lors des quatre premières phases, les pieds reposent à plat sur la surface d’appui.

Cette technique est utilisée pour monter, descendre ou traverser des pentes qui peuvent être relativement raides, tout dépend des possibilités de flexion des chevilles. Pour faciliter la flexion, évitez de lacer les chaussures jusqu’en haut de la tige.

Sur pente faible (jusqu’à 25 degrés)

En montée directe: pieds en position normale, plus ou moins ouverts selon la pente.

En montée oblique et en traversée: pied amont presque horizontal, pointe du pied aval légèrement tournée vers le bas.

A la descente: pieds légèrement ouverts.

Position du piolet: piolet-canne.

Sur pente moyenne (de 25 à 40 degrés)

En montée directe ou oblique et en traversée: pied amont horizontal, pointe du pied aval tournée vers le bas.

A la descente: pieds ouverts, genoux pliés, buste penché en avant.

Position du piolet: piolet-canne dans la plupart des cas, mais aussi piolet-ramasse, piolet-appui ou piolet-manche.

 

Lorsque la pente devient trop forte pour les capacités du grimpeur et/ou les conditions de neige et de glace deviennent trop mauvaises, il vaut mieux monter ou descendre en utilisant uniquement les pointes antérieures des crampons (technique « pointes avant »).

La technique des « pointes avant »…

…qui consiste à planter les pointes avant des crampons dans la neige (ou la glace) pour progresser, permet de s’élever selon la ligne de la plus grande pente, tout en ménageant ses chevilles.

Cette façon de monter est plus naturelle que celle des pieds à plat. Elle est aussi plus rapide, car la distance à parcourir est moindre. Elle demande cependant une certaine vigueur des muscles de la cheville et du mollet.

Bien apprise et exercée, cette technique permet d’escalader des murs de neige/glace très raides.

A la montée comme à la descente: le montagnard s’élève ou descend directement face à la pente. Le pied prend uniquement appui sur les pointes frontales. Les pointes sont enfoncées d’un seul coup et les talons sont maintenus en position basse (comme dans l’escalade rocheuse).

Le piolet peut être utilisé selon plusieurs techniques: piolet-traction, piolet-appui ou combinaison des deux si l’on dispose de deux piolets.

Prudence

Bottage des crampons

L’accumulation de neige sous les crampons peut former des sabots qui empêchent les pointes de pénétrer dans la neige et entraînent des risques sérieux de chute.

Le bottage se produit surtout en neige profonde humide, neige fraîche réchauffée par le soleil, ou neige gros sel. Conditions rencontrées fréquemment lors de la descente.

Pour détacher les sabots de neige, on frappe le rebord extérieur de chaque crampon avec l’extrémité du piolet. Avec de l’habitude, le débottage se fait dans la foulée, en frappant alternativement chaque crampon à chaque pas.

En principe, tous les crampons du commerce sont aujourd’hui équipés de semelles anti-bottage.

Portage du matériel

Pour éviter toute gêne et tout risque de blessure, il faut faire attention de ne pas avoir autour du buste des anneaux de corde ou des sangles trop longs. On évitera aussi de fixer des anneaux aux bretelles du sac car les pointes arrières des crampons peuvent s’y accrocher et provoquer la chute.

Les vis à glace seront fixées sur le côté ou à l’arrière du corps, jamais devant, car en cas de chute elles pourraient provoquer des blessures au bas-ventre ou aux cuisses.

Progression

Évitez de progresser les uns derrière les autres pour ne pas se faire faucher par la chute éventuelle de celui qui grimpe au-dessus.

Cela est d’autant plus vrai lorsque plusieurs cordées sont engagées dans la même voie. L’accident survenu à la Tour Ronde illustre parfaitement ce propos. La cordée de tête a dévissé et a entraîné dans sa chute toutes les cordées qui progressaient dans le même axe, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés.

Crampons

Crampons

Les crampons à « fixation rapide »(ceux qui possèdent un étrier avant dans lequel vient se loger le bout de la chaussure et un levier arrière qui les fixe à la chaussure par tension) ne sont plus utilisés car très peu fiables.

Les crampons modernes combinent la commodité des crampons à « fixation rapide » avec la sécurité des anciens crampons à lanières. Les crampons 12 pointes, dont 2 pointes avant horizontales, sont les plus polyvalents. Il est indispensable de munir les crampons d’une semelle « anti-bottage ».

Il existe différent types de crampons. Pour bien choisir en fonction de sa pratique Hardloop a publié un article sur ce sujet.

Quel crampons pour quel activité ? Voir la vidéo

 

 

 

Pour vous aider à choisir parmi les crampons destinés à l’alpinisme voici 4 crampons polyvalents au ban d’essai.

Le sac à dos

Remarques générales sur le matériel

Les magasins spécialisés regorgent de matériel de toute sorte, aux formes futuristes, aux couleurs chatoyantes et aux noms exotiques, le rêve ?..  Un rêve qui peut rapidement se transformer en cauchemar sous la forme d’un gouffre financier et d’un casse-tête technique si l’on n’y prend pas garde. Les indications qui suivent ne concernent que le matériel de base avec lequel le montagnard, aussi bien débutant que moyen, peut faire la plupart des courses. Le jour où vous aurez besoin de matériel spécialisé vous n’aurez probablement plus besoin de lire cette prose.

Quelques remarques générales sur les sac à dos

♦ Le sac à dos sera plutôt étroit, ne débordant pas du dos et, si possible, en forme de hotte (plus large en haut qu’en bas).

♦ Sans armature rigide.

♦ Sans poches latérales ni lanières de fixation des ski, ou alors amovibles.

♦ Avec poche(s) dans le rabat.

♦ Avec lanière ventrale très large (pour faire participer les hanches au portage).

♦ Imperméable avec fond doublé (peu de sacs sont réellement imperméables, prévoir un grand sac poubelle en plastique que l’on utilisera comme sac intérieur de protection contre l’humidité).

♦ Surtout, éviter une surabondance de gadgets qui augmentent le prix, le poids et les ennuis pendant la course.

Enfin, se souvenir que plus le sac est grand, plus on en met, et plus il est lourd à porter !

Conseils: 

Il peut arriver que la sangle nylon des bretelles glisse dans la boucle. On peut la bloquer en la tordant d’un tour sur elle-même avant de la passer dans la deuxième partie de la boucle.

J’ai un sac à dos de 30 litres pour les courses de deux jours, et un autre de 45 litres pour les courses plus longues.

Avant-propos équipement et matériel

Équipement et matériel permettent au montagnard de vivre et de se déplacer en altitude. Un manque d’équipement ainsi que du matériel en mauvais état ou non testé, sont la cause de nombreux accidents. Leur étude est donc particulièrement importante.

Mais… « La technique résout les problèmes et apporte des satisfactions mais elle n’est qu’un moyen et reste pauvre si on la sépare de l’esprit qui la guide » Gaston Rébuffat.

Quel que soit le matériel utilisé il est essentiel de savoir s’en servir correctement